mardi 29 mai 2018

été 2018, jours 5-6-7/79

À Berlin depuis à peine une semaine et j'ai l'impression de n'avoir jamais quitté depuis 2015. Je suis chez moi ici plus que je le suis ailleurs. J'écris ceci en écoutant les Partita pour violoncelle solo de Philip Glass, je ne savais même pas que ça existait. Je pars dans quelques minutes chercher mon violoncelle au Geigenbauwerkstatt Julia Dimitroff.


Résumé des concerts vus en une semaine

29.05 ce soir
Dirar Kalash - solo - (multi?)
Liz Allbee - solo - (trompette)

27.05
Korhan Erel (électroniques)
Gunnar Lettow (basse électrique préparée, électroniques)
///
Nikolaus Neuser (trompette)
Richard Scott (synthé analogue modulaire)
Alexander Frangenheim (contrebasse)
///
Elo Masing (violon)
Hui-Chun Lin (violoncelle)
Caroline Cecilia Tallone (vielle à roue préparée, objets amplifiés)
Ame Zek (guitare 12 cordes préparée)
///
Ligia Liberatori (voix)
Davide Piersanti (trombone)
Philippe Lemoine (sax ténor)
Ulf Mengersen (contrebasse)
///
Harri Sjöström (sax soprano)
Chris Heenan (clarinette contrebasse)
Elena Kakaliagou (cor français)
Dag Magnus Narvesen (drums)
///
Creative Sources Imp!Orch

26.05
Harald Kimmig (violon)
Gerhard Uebele (violon)
Miguel Mira (violoncelle)
///
Ulrike Brand (violoncelle)
Olaf Rupp (guitare électrique)
///
Ganesh Anandan (shruti stick)
Marcello Lussana (électroniques, traitement sonore)
kriton b. (harmonium, objets amplifiés)
///
Carlos Santos (électroniques)
Carla Santana (synthé analogue, objets traités)
Thea Farhadian (violon amplifié)
///
Pedro Lopez (table tournante, perc)
Stephan Bleier (contrebasse)
///
Antonis Anissegos (piano)
Floros Floridis (sax alto, clarinette)
///
Klaus Janek (contrebasse)
Andrew Lafkas (contrebasse)

25.05
Michel Doneda (sax soprano)
Mazen Kerbaj (trompette)
Andrea Parkins (électroniques, objets, mélodicas)
Raed Yassin (contrebasse)

24.05
Bendik Giske (sax alto)
Constantin Hartenstein (performance)
///
Otis Sandsjö (sax)
Adam Pultz Melbye (contrebasse)
Dag Magnus Narvesen (drums)

Je transcris tout ça en prenant la mesure de la diversité des origines et des parcours qui se rencontrent ici sur scène. Je transcris en revoyant les concerts, la diversité aussi des propositions en musique improvisée. Les instruments... de la vielle à roue préparée, faut le faire. Il n'y a pas d'école de pensée ici, personne n'est là pour démontrer son talent ou en mettre plein la vue.


Une journée pas de plan, pause de concerts

Hier, je suis parti de chez moi pas de plan. Le temps est magnifique, chaque jour, mais cette fois c'était encore mieux. J'ai commencé par le Café Kanel juste à côté. Je recommence la lecture de Naked Lunch de William S. Burroughs, dans mon top 3 littérature depuis des années. Mon admiration pour son auteur augmente encore, incroyable. Il y a quelque chose de hachuré, un rythme serré dans ses énumérations, quelque chose d'impossible, intangible, saisissant dans sa structure, avec des mots qui ressortent et qui reviennent (par exemple : grey, spectral, anonymous)... tout ça me jette à terre. Je n'avais pas relu Naked Lunch depuis 6-7 ans certain, et mon niveau d'anglais d'aujourd'hui me permet d'en apprécier la grandeur plus que jamais.

Après quelques pages de Burroughs, je suis parti marcher sur Tempelhofer Feld, l'aéroport converti en immense espace vert juste à côté d'ici. J'ai commencé par chercher un bon spot à l'ombre, parce que ein le soleil tape. Au bout de 45 minutes de marche sans trouver l'ombre, je suis arrivé à Hasenheide Volkspark, où les arbres sont plus nombreux que sur une ancienne piste de décollage. J'y ai marché encore pendant 45 minutes avant de m'arrêter. Cette fois j'ai poursuivi ma lecture de IRL de Tommy Pico, un espèce de long poème épique écrit à moitié dans la langue des textos, une histoire sans trame narrative où je me reconnais souvent. J'ai eu des moments de contemplation au parc, je ne pense à rien et regarde les gens devant moi. Toujours à Hasenheide j'ai poursuivi ma lectrure de Surfacing de Margaret Atwood. Un roman qui se passe dans un petit village québecois, un père est disparu et sa fille est sur ses traces; ce livre ne changera pas ma vie mais l'écriture de Margaret Atwood, que je connais peu, m'impressionne.

Je suis ensuite passé manger au Hamy encore, pourquoi pas. Un autre 15-20 minutes de marche plus tard et j'étais au Silver Future pour un café de début de soirée. J'ai profité de l'internet pour régler quelques affaires : une demande pour l'EMIQ Ensemble de musique improvisée de Québec, calcul du loyer de ma sous-locatrice à Québec pour sa partie du mois de mai, répondre à Max le saxophoniste pour un concert ensemble à Exploratorium fin juillet, etc.

Anecdote berlinoise : S'acheter une bière au dépanneur vient avec le service de décapsulage. Une bière pour la route, du dépanneur à la rue, du trottoir au métro, du métro à mon coin de rue, des escaliers à ma chambre, de ma chambre au balcon, bien gentil de ma la déboucher.


Une question revient


Je ne fais jamais ça à Québec, partir pas de plan et passer une excellente journée. J'ai essayé. Est-ce que c'est moi qui change quand je suis à Berlin ou est-ce que c'est la ville qui demande à être dérivée?

samedi 26 mai 2018

été 2018, jour 4/79

Amitiés

J'ai rendez-vous avec la luthière Julia Dimitroff mardi le 29 mai, dans 3 jours. J'ai hâte de revoir sa grande cour intérieure, son atelier, boire un thé avec elle, discuter violoncelle et découvrir avec quel nouvel ami violoncelle de sa collection je vais repartir pour l'été.

Le concert d'hier au Sowieso, avec Michel Doneda (sax), Mazen Kerbaj (trompette), Andrea Parkins (objects, électroniques, mélodicas) et Raed Yassin (contrebasse), était époustouflant. Sans avoir joué une note de violoncelle depuis plusieurs jours, j'ai senti très précisément mon jeu s'améliorer juste à être là. Sur scène, il n'était plus question de « soliste » versus « accompagnement », tout s'emboîtait sans jamais devenir parallèle.

En discutant avec Raed après le concert, on s'est rendu compte de notre passion commune pour Stockhausen. Il vient du Liban et a mené un grand projet de recherche sur les concerts donnés par Stockhausen en 1969 dans les grottes de Jeita. Wow. Promesse de se revoir pour en discuter encore.

Deux nouveaux contacts dans mon cell : Sam, grand blond qui ne s'habille qu'avec des vêtements des années 1910-1920, et son ami Burak, qui passaient tous deux par là, en visite de Weimar, et se sont arrêtés pour un verre au Sowieso, ne sachant pas qu'un concert venait de s'y produire.

Politique et queer

Il y a demain une manifestation du parti politique de droite Alternative für Deutschland (AfD). L'AfD est connue pour ses positions anti-immigration, nationaliste identitaire, populiste de droite, etc. Et il y aura contre-manifestation. Comment je l'ai appris? Dans le magazine gay gratuit Siegessäule.

Je reviens ici sur un thème dont j'ai souvent parlé : la gauche politique et son expression dans la communauté LGBTQ+. La contre-manif de demain a pour sous-titre Pas de piste de danse pour les Nazis et elle est cosignée par près d'une centaine de bars, clubs, festivals. Traduction libre d'une partie de la description de l'évènement : « Nous sommes progressistes, queer, féministes, anti-racistes, inclusif.ive.s, coloré.e.s et nous avons des licornes. Sur nos pistes de danse s'unissent des gens de tous horizons, dont les désirs sont divers, les identités changeantes et qui ont du goût. »

Que les personnes LGBTQ+ soient aussi féministes, anti-racistes, etc. devrait être une évidence pour moi. L'expérience de t'être fait écoeurer juste pour qui tu es devrait être amplement suffisante pour écouter, comprendre et être l'allié.e de d'autres groupes mis en retrait. Il faut toutefois attendre d'être à Berlin pour constater que ma logique a du bon sens. Quand est-ce que le Drague à Québec va apporter sa bannière dans des manifs contre Atalante, la Meute, la droite qui coupe dans les services aux personnes à risque, etc.? Quand est-ce que le magazine Fugues va se déclarer queer et féministe et donner la parole à autre chose que le culte du corps d'homme musclé et blanc?

Je ne fais pas trop dans la politique au quotidien mais on dirait que ça m'apaise de savoir que des milliers de personnes seront présentes demain pour offrir un point de vue plus aimant, bienveillant, et que ces personnes seront soutenues par les propriétaires des endroits qu'elles fréquentent.

vendredi 25 mai 2018

été 2018, jours 0-1-2-3/79


25 mai 2018 : jour 3, maintenant

15 h 30

Je me lève tard, café chocolatine à la même place qu'hier; cette fois c'est direct deux chocolatines et un grand café. Mon ami.e Brigitte m'invite à aller chiller à Hasenheide, mais j'ai encore un petit contrat à faire pour Québec. Me voilà donc à l'appart.

Je suis passé à l'épicerie : pour 10€ j'ai des nouilles, de la sauce à spag, du pain, du beurre de peanut, du lait d'amande, un paquet immense de Hand Tücher (mini kleenex de poche, parce qu'ici le pollen... il faut être équipé), du thé au gingembre pour un mois et des céréales bio genre de mix Sugar Crisps et Croque nature (à suivre).

Plan du jour


  • finir le travail pour Québec
  • aller voir une partie du festival Creative Sources Recordings (l'étiquette de disque sur laquelle j'ai mon disque live en trio avec THUYA)
  • revenir au Sowieso voir le show de Michel Doneda. Oh et je viens de voir que le line-up a changé, ce sera Michel Doneda (sax), Mazen Kerbaj (trompette), Alexander Frangenheim (contrebasse), Raed Yassin (???) et Andrea Parkins (accordéon). Je suis un méga-fan de Andrea Parkins, belle surprise!

24 mai 2018 : jour 2, parcours


J'ai dormi 10 h.


Media Markt

Ce matin : une chocolatine et un café à la boulangerie du coin, puis la marche jusqu'au Media Markt (genre de Bureau en gros). Je réussis à me négocier un contrat de cellulaire en parlant uniquement en allemand. Bravo à moi, ça revient. Pour 10€ par mois, incluant la taxe de 19%, j'ai 300 SMS ou minutes de conversation + 1,5 GB de données. Prenons un moment pour rire des gens qui « profitent » de Fido Nomade avec lequel, pour « seulement » 12$ *par jour*, on a accès à son forfait régulier, c'est-à-dire, pour ma part, 100 minutes de conversation + 0,1 GB de données à 35$ par mois.


Vue du coin de rue Allerstr. / Schillerstr. où j'écris une partie de ceci avec mon café.

Hasenheide Volkspark

Je tente de laisser tomber les listes pour un instant et voir où mes pas me mèneront. À la chocolatine et café (deuxièmes du jour) bien sûr, où j'active facilement mon nouveau forfait de cellulaire. Puis à mon spot préféré au parc municipal Hasenheide où je poursuis ma lecture du superbe recueil IRL de Tommy « Teebs » Pico (du podcast Food4Thot). Les arbres, le ciel, les gens, tout est très relax ici.


Hami

Partir du parc avant de trop brûler au soleil. Un de mes restaurants préférés est juste à côté. Je me rappelle ces journées de travail au PornoKino (je passe devant, ils ont fermé cette succursale) et la fin se shift au Hami, fastfood vietnamien. Je prends comme d'habitude le gros bol de riz, légumes frais, sauce aux arachides à 4.90€.


Café K-Fetisch

Je cherche le magazine gratuit Siegessäule, où sont listés tous les évènements queer et plus encore. Je passe très près d'où j'ai habité 2015-2016 sur Framstraße. Tous mes repères. Le Silver Future où j'étais certain de trouver un Siegessäule est fermé, il est encore tôt. Je continue jusqu'au café K-Fetisch, anarcho-third-wave-hipster-mais-pas-trop. Ça fume à l'intérieur avec mon latte. Pas de Siegessäule, mais de l'internet. Il faut savoir qu'ici, avec les forfaits de données pas cher, il n'y a pas souvent de wi-fi dans les endroits publics.


Programme culturel

Je fais le plein d'internet : liste très fournie des concerts de musique improvisée pour les prochains jours, liste des concerts de classique (wow deux opportunités de voir du Stockhausen cet été, dont une au gros planétarium Zeiss en surround), quelques recommandations ça et là. Sur le profil de l'artiste Olympia Bukkakis, une invitation à un vernissage. J'y vais.


Gallerie im Turm

Je choisis de marcher une heure au lieu de prendre le métro. Vernissage de l'exposition de Andrew J Burford et Constantin Hartenstein, MIGHTY GOOD MEN. Questionnement autour des représentations hégémoniques de la masculinité. Beaucoup de bla bla très intéressant dans le programme de cette expo qui me touche peu finalement. Il y a une excellente perfo du saxophoniste Bendik Giske avec deux hommes en sous-vêtements : l'un est couché par terre sur le côté, l'autre monte complètement dessus, ses deux pieds sur sa tête. Tension parfaite. Ensuite quelques minutes de drag queens vraiment drôles : "Gallery Girls" de Pansy avec Lola Rose, Psoriasis et Gieza Poke. Je rencontre par hasard mon ami artiste visuel Markues. Promesse de chiller bientôt et aller visiter son atelier.

La performance au vernissage de MIGHT GOOD MEN.


LaBettoLab

En revenant, je tombe par hasard sur la danseuse Stefania Petracca avec qui j'avais mon duo Piolet-Traction. Quel adon! Elle est devant le LaBettoLab, spot italien éclectique avec beaucoup de musique improvisée. Promesse de reprendre notre projet dans deux semaines.


Sowieso

Je me dirige vers chez moi, puis je me retourne et décide d'aller voir s'il y a encore quelque chose au Sowieso, à 2 minutes de là. Eh oui, je pogne la fin d'un set *de feu* du trio Otis Sandsjö (sax), Adam Pultz Melbye (contrebasse), Dag Magnus Narvesen (drums). J'y rencontre par hasard Michel Doneda (sax) dans l'assistance, vu la dernière fois il y a à peine un mois... à Rimouski! Il me dit, Berlin, c'est l'université de la musique improvisée. Bien d'accord. Assez pour la journée.


Sowieso.



23 mai 2018 : jour 1, arrivée à Berlin en soirée

22 h 07 (heure de Berlin)

L'impression d'être parti de Québec ce matin, d'être entré dans un tunnel hors-temps, et de ne pas avoir dormi depuis une semaine. C'est peut-être un peu ça.
Les éoliennes en arrivant à Berlin!
Alex est venu me chercher à l'aéroport, on est allé déposer mes affaires chez Flatter et nous voici avec un morceau de pizza à Tempelhofer Feld.
J'ai cherché l'allemand pour « ressourcement ». C'est ce que je viens faire ici? Préparer une réponse. Selbstbesinnung est un peu trop intense comme mot.

Ma carte de guichet de la Deutsche Bank fonctionne encore, yes!

Et je commence déjà à faire des listes : 

  • aller me chercher un forfait de téléphone
  • faire une petite épicerie
  • éplucher le site echtzeitmusik pour les concerts de musique improvisée (j'en manque déjà 4 bons ce soir)
  • éplucher le Siegessaüle pour les sorties
  • me trouver un bicyk
  • répondre à Max pour un concert
  • aller me louer un violoncelle chez Julia Dimitroff

La nuit tombe sur Berlin, je cogne des clous. Le vidéo du Concert EMIQ X Corps Célestes XL au Morrin Center vient de sortir. Très très fier. Il n'y en aura pas de décalage horaire.


22 mai 2018 : jour 0, déplacement

16 h 05 (heure du Québec)

Dans l’autobus Orléans Express en direction de Montréal. Je ne sens pas encore que je pars. J’ai à m’armer de patience et de bonne humeur pour les prochaines heures. Tout de suite, ça fait plus de 30 minutes qu’on est parti du centre-ville de Québec et on n’est qu’à Sainte-Foy. Le voyage va être long. Il y a un homme à côté de moi sur le banc, il manspread autour du sac réutilisable qu’il a entre les jambes à ses pieds. Son t-shirt frôle mon t-shirt chaque fois qu’il tourne la page de sa revue 7 jours. Le trafic vers le pont est dense. Qu’est-ce que ça peut bien me faire?

J’écoute les arias et cantates de Barbara Strozzi enregistrés sur Spotify avant de partir (autrement bloqué sur le wifi de l’autobus). Le site blogspot est aussi bloqué. j’écris donc ceci dans un TextEdit on the side en attendant de voir si Fido et leur « contactez-nous par facebook » va finir par répondre. Qu'arrivera-t-il de mon forfait de cellulaire en mon absence.

Je n’ai pas trop réfléchi à ce qui m’attendait en terme de transport pour la journée, la nuit, le lendemain.

Compilation, 20 h à faire :
  • 15 h 30 - autobus Québec-Montréal aéroport - durée 3,75 h
  • 19 h 15 - attente à l’aéroport PET - durée 3,0 h
  • 22 h 15 - avion Montréal-Paris - durée 6,6 h
  • 4 h 50 - [10 h 50 h. locale] - attente à l’aéroport CDG - durée 4,6 h
  • 9 h 25- [15 h 25] - avion Paris-Berlin - durée 1,7 h
  • 11 h 05 - [17 h 05] - arrivée à Berlin

Impression de calculer ma feuille de temps au travail. Attendre à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau, la durée de mon shift du vendredi; le vol Paris-Berlin, la durée d’une classe de ballet.

Barbara Strozzi finit, je passe à Wayne Shorter dans l'autobus. Je commence à sentir le voyage, après 2 heures de bus. Fido répond à mes questions au compte-gouttes. Il sera bientôt temps de changer mon message de boîte vocale : « Bonjour, vous êtes bien dans le cellulaire de Rémy. Je suis à Berlin jusqu’au 8 août. Vous pouvez me joindre par facebook ou m’envoyer un email. »

Le monsieur à côté de moi me frôle encore et ça m’énerve. Il vient de s’engouffrer un couscous, là il se sort un sac de graines. Il est prêt, pas capable de s’arrêter de manger pour 2 heures. Ok, j’ai deux croissants dans mon sac, des Timbits, des légumes coupés et de l’humus. Je plaide coupable. La pancarte Montréal 131, je n’ai pas besoin de savoir l’heure.

Le temps est gris. À mon tour de manger haha. Je cherche l’adresse de Flatter pour la mettre dans ma poche avec les horaires de mes transferts et tout.

Dans mes bagages, quelques livres. Margaret Atwood, Benoît Jutras, William S. Burroughs, Sara Ahmed, Tommy Pico.


Air France : la vidéo des consignes en cas d'urgence est vraiment drôle (quoique sexiste, avec juste 5 femmes qui font des faces cute tout le long), j'ai eu du champagne, mais la bouffe était pas super.
Non ça ne m'a pas pris 52 minutes pour marcher vers mon vol à l'aéroport Charles-de-Gaule. Mais l'attente de près de 5 h, en apesanteur entre une nuit blanche et le dernier vol, a été longue.

jeudi 24 novembre 2016

De retour au Québec, à Québec

Près de trois mois se sont écoulés depuis mon retour de Berlin.

Je pense écrire un blog de retour depuis quelques temps et c'est aujourd'hui que ça se passe.
[mise-à-jour : J'ai pris plusieurs jours à l'écrire.]

Hier soir et au courant de la semaine dernière, j'ai ressenti mes plus grands moments de nostalgie de Berlin depuis mon retour. Je ne suis pas certain de bien comprendre pourquoi, pourquoi maintenant, mais suite à l'écriture de ceci, j'ai ma petite idée.
[mise-à-jour : Je le savais déjà avant d'écrire, c'était de la rhétorique.]

Promo pour les concerts tôt dans la vitrine
pour les 10 ans de la Librairie Laforce le 16 novembre 2016.
Les concerts solo ont eu lieu de 11 h à 13 h puis de 15 h à 16 h.
Fashion style, on a pris cette photo et la précédente le 7 novembre 2016.
J'ai joué à Stoneham avec des Rimouskois le 1er octobre 2016


La journée du retour


Le 2 septembre 2016 vers 2 h du matin, heure de Berlin, je suis parti de l'appartement de Wouter où je logeais depuis un mois. Alex a été vraiment gentil de m'accompagner à l'aéroport et subir avec moi une partie de l'attente interminable avant mon vol tout aussi interminable Berlin-Istanbul-Montréal.

Il n'y a eu aucune anicroche, mes bagages ont été enregistrés et j'ai fini par m'envoler.
Je ne me rappelle plus si j'avais le coeur gros.

Maintenant, en pensant à ce moment à l'aéroport, j'ai le coeur gros.

La texture des coussins des chaises de la salle d'attente, les gens autour, les écritures en allemand partout pour une dernière fois, l'homme qui écoutait sa musique trop fort dans ses écouteurs rouges, le jour gris qui se levait au loin. Il y a des moments comme ça, précis.

J'ai fait escale quelques heures en Turquie comme prévu, puis je suis reparti pour 10 h de vol vers Montréal. Tout s'est bien passé. C'est un bon test de patience, 10 h de vol. On se sait plus trop quoi faire, les films sont mauvais, impossible de lire, on trouve les gens désagréables. J'ai trouvé mon salut quand je me suis rendu compte que je pouvais me tenir debout près de la cuisine pendant un moment.

On m'a accueilli à l'aéroport de Montréal, après l'attente interminable aux douanes, après les 10 h de vol, et c'était le moment de refaire un bon vieux Montréal-Québec en auto. On a fait ça dans un petit camion loué, avec à peu près tout ce que je possède dedans en plus du piano électronique que j'emprunte à une amie.

J'ai ouvert la porte de mon appartement pour la première fois ce soir là. C'était le 2 septembre 2016 à 23 h, heure de Québec. Des amis m'attendaient, on a rentré mes quelques boîtes et j'ai pris connaissance des lieux quand tous sont partis. J'ai défait mes boîtes sur le champ jusqu'à tard dans la nuit.

Vue de mon toit, le 4 septembre 2016 en pleine gay pride de Québec
Devant l'Ostradamus, le 13 septembre 2016

Préparation mentale


Je me rappelle avoir prévu le moment où j'emménagerais dans cet appartement que je n'avais jamais vu à Québec. J'avais décrit ce moment à des amis. Je m'imaginais seul au milieu de la pièce vide, assis par terre en train de pleurer et de me dire « qu'est-ce que je fais ici? » Ce n'est pas exactement ce qui s'est passé, mais c'est drôle que cette image à laquelle j'ai tant pensé subsiste, dans toute la précision des lieux que j'imaginais, non altérée par la connaissance que j'ai maintenant de mon appartement.

Je m'étais également préparé au choc du retour. Le retour au travail. Le retour aux paysages connus. Le froid. Les gens. La culture-qui-manque-tellement en comparaison à Berlin. Je n'avais pas tort de me préparer, ça aide, mais il reste quand même une différence entre la visualisation et la réalité.

La première neige sur Québec, le 26 octobre 2016
Enfin, une partie de ma préparation avait été de me donner plusieurs projets. J'en parle plus bas pour l'album et la tournée.

Le mois suivant le retour


Habiter seul, ça veut dire qu'il faut magasiner pour meubler.

80$ - J'ai dormi sur un petit matelas d'à peine quelques centimètre d'épaisseur pendant un bon deux semaines, le temps de me trouver quelque chose de décent sur kijiji. Pendant que je réalisais à quel point un matelas neuf coûte cher (je n'aurais jamais pensé que c'était autant), je me rappelais des trois matelas que j'ai donnés en quittant Rimouski, dont un matelas double exactement comme celui que je cherchais maintenant. J'ai finalement trouvé un matelas usagé presque neuf en banlieue de Québec, 80$ pour le matelas, le sommier, la base en métal et même une couette. J'ai été chercher ça avec un service de petit déménagement trouvé sur kijiji un dimanche soir, le 11 septembre 2016, lendemain du lancement à Montréal de mon flexi disque Angenehmer Duft sur Kohlenstoff Records.

125$ - J'ai failli me mettre à la crusine alors que j'ai cherché une cuisinière usagée avec livraison incluse pendant plusieurs jours. J'ai fini par trouver la chose idéale, livrée par un énorme monsieur qui l'a montée seul dans les escaliers et l'a installée, testant les ronds avec ses énormes mains, suant à grosses goûtes sur la surface blanc cassé.

Ma cuisinière et moi, le jeudi 8 septembre à 10:09
40$ - J'ai cherché des draps pendant beaucoup trop longtemps. J'ai fait le Simons', les Escomptes Lecompte, un paquet de magasins sur la rue Saint-Jean, le Village des valeurs de Beauport, le Village des valeurs de Sainte-Foy, le Dormez-vous?, le Hart, l'Aubainerie, etc. Difficile de s'imaginer dormir dans les motifs proposés en magasin. Des draps verts? Noirs? Petit carotté moutarde? Bof. Et puis je m'étais mis dans la tête que ça me prenait du 100% coton bio. J'ai fini par m'arrêter sur un set de draps blancs 100% coton bio du... Winners, le 11 octobre 2016.

Cadeau - J'avais spotté, au Ikea de Berlin, un grand tapis. Je l'ai eu en cadeau ici, j'en suis très très content. Il est beaucoup plus grand que je pensais (6 pieds par 9 pieds, c'est du tapis), mais je lui ai trouvé la place parfaite dans ma chambre. Je paye le prix d'avoir voulu un tapis blanc et noir, aussitôt qu'on marche dessus il ramasse tout. Il faut le brosser, en attendant de me procurer le « sweeper » du Walmart. Une chose à la fois.

125$ - Une de mes priorités ici, c'est de pouvoir accueillir mes amis de passage, et donc d'avoir un bon « divan-lit ». Après à peu près un mois de recherches quotidiennes, je suis tombé sur un beau futon avec une base en bois qui se déplie (de façon assez surprenante d'ailleurs) pour devenir un lit double. Le gars qui le vendait est venu me chercher un mercredi soir à la chorale, le 5 octobre 2016, le futon en arrière de sa mini-van, et on a monté ça ensemble dans mon salon. Je trouve le matelas un peu laid alors je l'ai recouvert d'un sac de couchage en attendant la prochaine solution.

50$ - La lumière principale de mon appartement était vraiment laide. La meilleure description que je pourrais en donner c'est « bistro de Paris du Walmart ». Pour la remplacer, je me suis trouvé un superbe lustre de contrefaçon imitation cristal et or sur kijiji. Plus beau que tout ce que j'avais vu avant. Il est par terre depuis maintenant plusieurs semaines, depuis le 1er novembre 2016. Demain, mon oncle vient me le poser, enfin!
[mise-à-jour : « Demain » est aujourd'hui « Il y a 4 jours ».]

Le fameux lustre, photographié ici avec flash,
le plafond est supposé être blanc.

200$ - Je marche beaucoup à Québec et j'aime beaucoup ça, plus que je pensais. L'École de danse est située à 1,2 km de chez-moi, alors c'est minimum 2,4 km de marche tous les jours, quand ce n'est pas le double. J'ai besoin de bonnes chaussures qui supportent la cheville et qui ne glisseront pas trop quand le sol sera glacé dans quelques jours pour les prochains mois. Je ne suis plus trop où j'en sais dans mon magasinage de bottes. Je ne pourrai pas passer l'hiver avec mes espadrilles ici, il me reste à me convaincre de mettre 200$ sur quelque chose que dont je n'aime pas le look mais qui sera bon pour moi.
[mise-à-jour : J'ai eu un cadeau de Noël en avance, je marche en Columbia.]

Ces jours-ci (et flashbacks)

Il y a eu d'autres dépenses à faire au cours du premier mois à Québec, mais tout ça me semble soudainement bien futile. J'abhorre le mode de vie dans lequel les gens se réalisent par ce qu'ils dépensent, justifient leurs existences par les possessions et le magasinage. Ça sonne prétentieux dit comme ça. Je ne suis pas mieux qu'un autre, mes premières semaines à Québec ont été guidées principalement par la recherche -- nécessaire, ok -- de biens matériels. Ç'a occupé mon esprit et c'est par cette méthode que j'ai aplani, sans trop y penser, la charge émotive de la transition Berlin-Québec. Je pense qu'il y a des gens qui aplanissent tout, tout le temps, comme ça. Maintenant que l'étape de l'installation est passée pour moi, retour en soi-même, fin du magasinage anodin.

Flashback Montréal 2003-2011 : les études en à temps plein, les journées de 7 h à 23 h plongé dans les travaux et les livres, le bacc. en math au travers de ça, les étés passés à travailler (concierge, téléphoniste, sondeur d'opinion, coordonnateur marketing, moniteur de camp rock).
Flashback Rimouski 2011-2015 : la recherche de travail puis le travail à temps plus-que-plein, la correction les fins de semaines et pendant les congés des Fêtes, l'implication bénévole jusqu'à se perdre soi-même, 500$ par mois de prêts étudiants à rembourser, quatre colocs, voisin du bar de danseuses avec vue 360° sur des espaces de parking.
Flashback Berlin 2015-2016 : rien à l'agenda, je ne connais personne et personne ne me connaît, se laisser porter par la spontanéité de chaque jour, les concerts à profusion, les arbres, les rencontres enrichissantes chaque semaine, les projets, les amitiés véritables qui naissent, le départ après 12 mois.

À Québec, j'ai l'impression de commencer, à nouveau, à apprivoiser la vie que je me suis offerte l'an passé à Berlin. J'ai rêvé pendant des années, il me semble -- pendant mes études, après mes études -- de la journée où j'aurais une heure de libre, à moi, pour ne rien faire. À Berlin, j'ai soudainement, finalement, eu toutes les heures de toutes les journées libres pour moi. J'ai décrit dans ces pages comment je les ai remplies, comment je me suis laissé porter par l'improvisation, autant comme pratique artistique que comme mode de vie. On dirait que ça ne fonctionne pas aussi bien à Québec, pourquoi?

C'est comme si, à Berlin, mon seul objectif était d'être à Berlin, et je le remplissais chaque jour en me réveillant. Ou, parfois, en ne me réveillant pas. À Québec, on dirait qu'être à Québec ne me suffit pas, comme si ça ne pouvait pas être un objectif puisque je viens d'ici. Pourquoi avoir autant besoin d'un objectif du quotidien?

Je travaille environ 13 heures par semaine de puis mon arrivée, et ça va en diminuant jusqu'à cesser complètement à la mi-décembre. Je recommence ensuite à la mi-janvier. J'ai commencé à donner du tutorat en math, c'est super, je ne pensais pas aimer ça autant que ça. Mon loyer n'est pas très cher et je ne dépense pas beaucoup, alors ça va, ça fonctionne. Je voulais du temps, je voulais de l'espace mental et, avec l'aide que quelques personnes, j'ai réussi à me donner ça. Quand on a du temps, on pense.

L'autre fois, je marchais sur la rue Saint-Jean et je me disais que mon mode de vie était une « posture radicale ». J'ai trouvé ça bien drôle d'y penser en ces termes, mais ç'a ceci de vrai que peu de gens choisissent de se donner un horaire comme ça. Peu de gens savent qu'il faut apprivoiser son dialogue intérieur quand on a le temps de l'écouter autant, quand on a plus de temps hors du bureau ou des études que l'inverse. Plusieurs pensent peut-être à tout lâcher, peu sont en position de le faire, par choix (les « responsabilités ») ou par condition sociale aussi. Et quand on le fait, on se rend compte qu'il y a là un autre défi, inattendu peut-être, mais qui vaut certainement la peine d'être vécu.

Aujourd'hui : dérive #1


J'ai essayé aujourd'hui de mettre en pratique la Théorie de la dérive de Guy Debord.
Je tente de décrire mon expérience dans les termes souhaités.

Je suis parti vers 14 h 30 de L'École de danse à la Bibliothèque Gabrielle-Roy, où j'avais donné un rendez-vous incertain, pour me rendre au Parc de la Côte Sauvageau où j'avais donné un autre rendez-vous incertain. Les rendez-vous ne se sont pas concrétisés.
J'écoutais les concertos brandebourgeois de Bach, je ne sais pas si c'est permis par Debord.
Vers 15 h 20, je pense, j'ai suivi mon regard qui cherchait le soleil et suis descendu rue de Mazenod.
Rendu au coin Arago Ouest, j'ai été attiré par des façades comme dorées, de vieux blocs appartements dont l'étage était frappé par le soleil descendant. J'ai tourné vers cet appel à gauche.
À mesure que j'avançais, la lueur semblait s'éloigner, courir sur les fils électriques et soudainement l'atmosphère m'a semblé oppressante, comme ça arrive parfois dans Saint-Sauveur.
J'ai quand même poursuivi mon chemin sur Arago Ouest, la falaise à ma gauche et le bourdonnement de Charest Ouest (que je ressentais plus que je ne le voyais) plus loin à ma droite.
J'ai vu un clocher d'église au niveau du sol au coin de la rue Saint-Sauveur et la rue Franklin. J'ai longé, sur Franklin, le site où, pendant des générations peut-être, une église avait réuni ses paroissiens au coeur du quartier ouvrier. Aujourd'hui, quelques vieilles pierres ayant soutenu l'église restaient, non loin du petit clocher debout par terre, anachronique, triste et ridicule devant les réclames CONDO et les matériaux de construction neufs prêt à effacer tout le passé. J'ai pensé aux personnes âgées autour, qui ont grandi autour de l'église et qui jouxtent maintenant un chantier de condo moderne. J'ai senti leur attachement brisé.
Poursuivant sur Franklin, j'ai eu envie de monter la Pente-Douce au loin. J'y ai longé une exposition d'art sur le muret protégeant de la falaise.
À plusieurs reprises j'ai eu envie de traverser la Pente-Douce pour avoir une vision d'ensemble des oeuvres de l'exposition, mais il y avait trop d'autos, pas de feux de circulation. Peut-être qu'ayant traversé la rue à ce moment, j'aurais eu envie de continuer à descendre vers les derniers rayons de soleil sur le secteur industriel du quartier Saint-Sacrement.
Après plusieurs minutes de Pente-Douce, alors que le Poulet Benny approchait dangereusement, un escalier s'est ouvert sur ma gauche. J'étais content de la sortie offerte, l'ambiance sur la Pente-Douce n'était pas la meilleure.
En haut de l'escalier je me suis retrouvé au Parc des Braves. Je ne m'y attendais pas du tout et je me suis concentré sur l'impression que le Parc me donnait.
En remontant le Parc des Braves, je me suis rappelé y avoir été souvent avec le camp de jour quand j'avais 10-11 ans. La torture de devoir jouer une partie de « drapeau » au Parc des Braves. Le terrain me paraît beaucoup plus petit maintenant. Je me suis rappelé les courses qu'il fallait faire sur le terrain pour voler le foutu drapeau sans se faire prendre son foulard ou je ne sais plus quoi. Je me suis senti bien au Parc des Braves malgré tout, revivant un peu de tout ça, content que ça soit fini.
J'ai ensuite continué à monter : avenue des Braves. J'ai regardé mon téléphone pour la première fois : 16 h.
J'ai été vraiment surpris de passer l'église où j'ai mes pratiques de chorale. J'en avais une le soir même, je ne pensais pas être si loin de chez-moi. À partir de ce moment, j'ai su que j'en avais au moins pour une demie-heure avant de rentrer.
J'ai tout de même poursuivi ma marche, toujours attiré par le vide en haut de la côte, pas mal certain que c'était les Plaines d'Abraham (j'avais tord d'à peu près un km).
Un peu plus haut, je me suis rendu compte que j'avais froid et que je voulais rentrer. J'ai rebroussé chemin pour prendre René-Levesque.
J'ai vu une grosse plante d'intérieur sur le trottoir.
Je me suis arrêté là pour la regarder. Il y avait un papier À DONNER.
Je suis resté un bon moment à observer la situation, à observer mes idées se placer.
La plante était trop grosse pour être transportée en marchant, je suis allé au centre communautaire à côté et j'ai appelé un taxi.
Ma dérive s'est terminée chez moi vers 17 h 30.

Ce n'est pas ce qu'il y a de plus important,
mais en terme de « tangible » versus « intangible »,
celle là est dure à battre
J'ai une nouvelle plante, mais ce n'est pas ce que je retiens de positif de cette expérience (« Puis, la dérive? Ah! Je me suis fait une plante. » Non non). J'ai apprécié porter mon attention sur ce que les environnements que je passe me font ressentir. C'est la première fois que je faisais ça de façon aussi délibérée. J'imagine -- et je peux me rappeler avoir pensé à ça, en d'autres termes, dans des environnements particuliers -- que ce qui nous entoure a toujours un impact sur nous.
Pour l'instant, c'est tout, ça ne va pas plus loin. J'avais une humeur vraiment neutre au retour. Je crois que c'est bon. J'ai l'impression que je vais repenser à ma dérive #1 souvent au cours des prochains jours. C'est une impression.

Lectures


J'ai remis la lecture dans mes activités depuis Berlin.

Quelques livres lus depuis mon retour à Québec, pas tous bons pas tous mauvais, des romans, des essais, des niaiseries. J'avoue que Marguerite Duras, dans le roman et le recueil d'articles de journaux, c'est pas si mal. J'ai bien fait de lui redonner une chance.

Richard Ford, Let me be Frank with you
Marguerite Duras, Moderato Cantabile
Marguerite Duras, Outside
Desroches, Stévance, Lacasse, Quand la musique prend corps

Extraits :
Aldwell, Schachter, Harmony & Voice Leading
Bartle, Scherbert, Introduction to Real Analysis
Gill Halle, Le grand livre du feng shui

En cours : 
Antoine Pétard, L'improvisation musicale : enjeux et contrainte sociale
Frankfurter Verlagsanstalt, Von Katzen und Menschen


Je lis parfois au café.

Tournée solo entre la mi-décembre 2016 et la mi-janvier 2017


Déçu de ne pas avoir obtenu le financement pour une tournée solo pan-canadienne -- demande sur laquelle j'avais travaillé tellement fort -- j'ai laissé pas mal d'eau couler sous les ponts avant de me remettre à la planification. Je fais donc une tournée plus modeste, à mes frais, et ça augure très bien au niveau de la musique, des lieux et des gens.

J'ai reçu ce soir les copies de mon CD D'éclisses sur Ambiances Magnétiques. J'ai très hâte de le montrer, j'espère évidemment que plusieurs l'écouteront, attentivement, et « pogneront dequoi ». C'est ce que je souhaite le plus, que les gens se laissent toucher par la musique qu'il y a là dessus, qu'ils prennent le temps de l'écouter vraiment.

18 déc --- OTTAWA --- House of Common
Improvising Musicians of Ottawa/Outaouais presents : Rémy Bélanger de Beauport solo + …

21 déc --- TORONTO --- Tranzac
Sextet Rémy Bélanger de Beauport / Allison Cameron / Germaine Liu / Stephen Parkinson / Nicole Rampersaud / Mark Zurawinski + …

22 déc --- TORONTO --- Array Music Studios
Rémy Bélanger de Beauport solo + Quintet Normand Babin (piano) / Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle) / Germaine Liu (Perc) / Mickel Lynn (bass) / Nilan Perera (guit)

26 déc --- QUÉBEC --- Librairie Saint-Jean-Baptiste
Rémy Bélanger de Beauport solo + Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle) / Alex Pelchat (guit)

27 déc --- QUÉBEC --- Le Knock-Out
Rémy Bélanger de Beauport « in-store » solo

29 déc --- MONTRÉAL --- Casa del Popolo
Suoni Per Il Popolo présente : Rémy Bélanger de Beauport solo + Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle) / Alain Lefebvre (électroniques) / Elisabeth Lima (clarinette)

03 jan --- HALIFAX --- 1313 Hollis Street
SuddenlyLISTEN presents : Rémy Bélanger de Beauport solo + Quartet Norm Adams (violoncelle) / Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle) / Nick Dourado / Lukas Pearse (bass)

04 jan --- MONCTON --- Le Plan b Lounge
Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle) / Robin Servant (accordéon)

10 jan --- RIMOUSKI --- Bibliothèque Lisette Morin
Rémy Bélanger de Beauport soliste + Le GGRIL concerto













Et puis, je fréquente quelqu'un, une « fréquentation sérieuse ».


mardi 23 août 2016

Le décompte est plus que parti


Ces jours-ci, j'accumule les « dernières fois » et je boucle la boucle sur mon album solo et ce qui me reste de temps à Berlin.

Quelques dernières fois


Je complète ma dernière semaine de travail au « DarkZone », le cinéma porno où je travaille depuis le mois de janvier. Je travaille cette semaine lundi 22 août, mercredi 24 août, vendredi 26 août, puis c'est fini.

L'autre fois j'ai cassé une bouteille de Coca Cola au travail!

Le beau temps revient à Berlin après une semaine ou deux de temps plus froid et je crois bien aller une dernière fois à la plage Wannsee ce jeudi 25 août. Si tout va bien, mon ami le pianiste A. viendra avec moi. Voici un de mes regrets de l'année, ne pas avoir pris/eu le temps d'enregistrer quelque chose avec A.; nos parcours musicaux et ce que ça donne lorsqu'on joue en duo est, en toute humilité, vraiment malade.

J'ai été une dernière fois au party « Hot Topic » à SchwuZ. Cette soirée revient une fois par mois et est politique : tous les profits sont versés à un organisme communautaire LGBTQ, qui change à chaque fois. À Hot Topic, on peut danser sur la musique de Nine Inch Nails, Type O Negative, Marilyn Manson, Muse, etc. autrement dit, du rock de grosse guitare électrique, chose extrêmement rare dans le milieu gai.

J'ai été une dernière fois à la soirée du mercredi bimensuelle au Boiler, une soirée où je me suis fait plusieurs amis et amies revus souvent par la suite : Michael Werkmeister, Flatter Lenzia, Brigitte Oytoy, Maximilian Zwingel, Marco Bartsch.

J'ai été au IKEA pour le fun avec mon ami Michael.
Il nous a conduit là dans une grosse BMW louée spontanément
avec l'app DriveNow. C'est ça le progrès!
J'ai été une dernière fois au « Schlagernackt-Party » à SchwuZ, une soirée qui revient à tous les deux mois et où tout le monde est à poil et danse sur de la musique rétro. C'est une sacrée leçon d'anatomie humaine que de voir tous ces corps, majoritairement des hommes un peu plus vieux, majoritairement des corps très imparfaits qu'on ne voit jamais nulle part mais qui, finalement, sont partout, sous les vêtements, bien plus que les corps de modèles. Au « Schlagernackt-Party », personne ne juge et personne ne se sent jugé. C'est drôle d'y rencontrer des gens et de découvrir, à la fin de la soirée, de quoi ils ont l'air... habillés. C'est là que j'ai connu certains amis : Achim Ackerson, Manuel Anglet et l'hilarante Peach. Note au passage, même à poil, avec tout ce qu'on voit du corps de l'autre, même en allemand ou en anglais, on s'habitue très rapidement à se rappeler des pronoms utilisés par les gens qu'on rencontre.

J'ai hésité un peu à partager cette photo, sachant que le niveau d'ouverture
n'est pas pareil partout, même dans mes amis... mais finalement
c'est trop un bon souvenir pour ne pas le mettre ici.
De gauche à droite : le Rémy, le Manuel, la Peach, le Achim, la Brigitte,
nous étions les derniers et dernières à quitter le « Schlagernackt-Party ».
Hier j'ai revu une dernière fois mon ami Rainer Mühlhof. Rainer a vraiment été une rencontre marquante pour moi, on s'est vu à peine quelques fois, mais je sais (enfin, c'est ce que je pense maintenant) que je garderai contact avec lui longtemps. Il a le même âge que moi, vient de compléter un PhD en philosophie après avoir fait sa maîtrise en mathématiques. Il a aussi une formation en musique et est chef de chorale depuis plusieurs années, en plus de s'impliquer dans plusieurs affaires. Il partait ce matin pour ses vacances, il s'en va marcher, with his partner (dont je n'en saurai pas plus), sur le bord de l'eau en Croatie pendant 3 semaines.

J'ai été une dernière fois à la bibliothèque municipale et j'ai retourné les quelques livres que j'y avais emprunté : Stockhausen, Stockhausen, Bach, Reger, Brahms et Exercices pour le violoncelle. J'ai aussi été vendre mes livres à moi. En fait, je devrais dire « donner », puisque la collection valait pas mal plus que les 10€ que j'ai obtenus. Mais bon, je suis content d'avoir encouragé la librairie où j'ai été déposer ça, Pequod Books. Parmi les livres que j'ai abandonnés ce jour là, il y a mon fameux livre de math « Algebra », de Serge Lang, que je traîne depuis Rimouski. J'ai fini par me rendre à l'évidence : c'est trop avancé, je n'y arrive pas, bye, 2-3 kg de moins dans mes bagages. Je me suis aussi départi, non sans un petit pincement, de livres autobiographiques qui m'ont inspiré : Claude Debussy, Patti Smith, Kim Gordon. C'était une belle pile de livres en français, en allemand, en anglais et en bilingue allemand-français. Toujours difficile pour moi de me départir de livres.

J'ai été une dernière fois à la WAVE Akademie für Digitale Medien pour l'enregistrement de mon album solo.

Le cadavre de mon violoncelle après la dernière session d'enregistrement.

J'ai aussi été une avant-dernière fois à ma soirée du vendredi organisée par Olympia Bukkakis (j'y vais presque tous les vendredis depuis octobre 2015!). Cette fois, j'étais sur scène! J'en ai profité pour déterrer un nom d'artiste -- Elissa Methridge -- pensé en 2006 pour mon CD de KL6 39E. Ce vendredi 26 août, après ma dernière journée de travail, j'irai à cette soirée du vendredi pour la dernière fois.

De gauche à droite :
Brittney Smears (Brittany Ween Newell), Elissa Methridge (Rémy Bélanger de Beauport), Silk Worm (Eric Eich)

Mon party d'adieu aura lieu le 27 août (samedi prochain!) à the CLUB. J'ai organisé ça, fidèle à mon style, en mariant mes différents intérêts. C'est donc aussi le party d'adieu de mon amie Justine, c'est la soirée mensuelle du Québec-Stammtisch (table ronde à Berlin de Québecoises, Québecois et autres amoureux du Québec), c'est le lancement de mon album sur Kohlenstoff Records (je vais jouer en solo), c'est le lancement de mon vidéoclip pour mon projet au drums ElvAr X (réalisé par Justine), c'est un concert du Montréalais « Così e Così » et c'est le lendemain du lancement du nouvel album de Céline Dion. On nage entre expérimental, petit public et pop, grand public. Le bar où ça se passe, the CLUB, est tout petit. Espérons que ça sera plein.

Je suis assez fier de mon graphisme pour la soirée d'adieu de Justine et moi.
Description de l'évènement sur facebook : 
Dear friends and aquointances, lovers of Québec, lovers of good music and queers of all types,
Justine (Montréal) and Rémy (Québec) are leaving Berlin and this is our official going-away party.
It's also :
▶ the Berlin concert-release event for Rémy Bélanger de Beauport's flexidisc ANGENEHMER DUFT on Kohlenstoff Records
▶ the première of ElvAr X's music vidéo for "chanson du draveur" (director Justine Durand)
▶ this month's official "Québec-Stammtish à Berlin" event
▶ Montreal-based musician Così e Così's exciting unique concert stop in Berlin
▶▶▶ PROGRAM ☆☆☆
19:00 - Doors open, gather around the one and only "Québec-Stammtisch à Berlin" https://www.facebook.com/groups/400001206728364/
▶ hang out all night
☆ DE : Der Stammtisch richtet sich an alle Quebecer und Quebec-Interessierten. Ein Treffen findet ein Mal im Monat statt.
☆ FR : Une table ronde mensuelle pour tous les Québécois à Berlin et bien-sûr pour tous les autres qui s’intéressent au Québec.
20:30 - Rémy Bélanger de Beauport
▶ solo cello performance
☆ Rémy recorded a short cello solo piece this year in Berlin, Félix-Antoine Morin made a fantastic remix back in Montréal, this got printed on a limited edition flexidisc, available from now!
☆ Album : ANGENEHMER DUFT // Label : Kohlenstoff Records, 2016 // Recording : Nick Schröder // Mastering : Félix-Antoine Morin // Flexidisc design : Louis-Pierre Lennis Charbonneau
21:00 - Première of ElvAr X, chanson du draveur
▶ music video screening
☆ Embark on an 8:31 hypnotizing train wreck of drums, guitars, vocals, archival video, water explosions, dizziness and desire.
☆ ElvAr X : Rémy Bélanger de Beauport (drums/guit/voc/ddelay) // Video Director : Justine Durand (Berlin, 2016) // Recording & Mixing : Robin Servant (Rimouski, 2015-2016)
21:30 - Così e Così "Beyond The Tree Rings" Tour 2016
▶ live performance (experimental, hip hop, atmospheric, faux pas, swag, no life, noise pop)
☆ What a treat it is for Rémy & Justine to offer you this Montréal-based, self-defined multi-disciplinary/musical coup d’état artist. Così e Così is currently on tour in Europe and this is your only chance to see him live in Berlin.
http://cosiecosi.tumblr.com/
http://cosiecosi.bandcamp.com/
http://soundcloud.com/cosiecosi
23:00
▶ stick around to hang out, we will DJ some kitsch and not-so-kitsch Québecois music. Hint : Céline's new release comes out the day before our event.
Thanks to the CLUB for being our host tonight, we had great times in this neighbourhood queer bar, ce n'est qu'un au revoir.

Le 31 août, ce sera mon dernier concert en sol berlinois (pour cette année). Ce sera aussi à the CLUB, cette fois avec mon trio THUYA. C'est le concert-lancement de notre album  « THUYA {Québec-Berlin String Trio} Live @ the CLUB », enregistré bien sûr à the CLUB en mai 2015 et novembre 2016.

Ça n'a pas été facile d'organiser ces deux derniers évènements à the CLUB,
je suis très content que ça marche finalement!
Description de l'évènement sur facebook :
Their previous two concerts at the CLUB were so good that THUYA decided to make a CD out of them. Come hear the string trio play one last time together just a few hours before Rémy has to go back to Québec, Canada. Come get your hands and ears on the album directly from the artists, fresh off the press.
THUYA
Rémy Bélanger de Beauport (cello)
Klaus Kürvers (bass)
Gerhard Uebele (violin)
http://klausk.berlin/music/projects/thuya/
Album : THUYA live @ the CLUB
Label : Créative Sources recordings, 2016
Mastering : Dietrich Petzold, tonus arcus
Photos : Viola Förster-v.d.Lühe
Desing : Klaus Kürvers, Carlos Santos
This CD documents two concerts given 6 months apart by Berlin-based string trio THUYA, at a small venue in Neukölln called "the CLUB". The music was played without planning ahead and recorded with simple means (one digital recorder). The recordings presented here render the music as it was heard, without further studio manipulations at the mixing stage, complete with risk taking and inner cinema. 
Special thanks to Taylor Di Pasquale and Bina Carmel for being such great hosts to the concerts at the CLUB that ended up on this album. It's now time to close the loop on those great times, sharing the goods with the world.


Le 1er septembre sera ma dernière journée avec le violoncelle sur lequel j'ai joué cette année. Ouf, ça va être particulier de le retourner à l'atelier de Julia Dimitroff, mais je suis tout à fait content de ma décision de ne pas investir 10 000$ là dessus, avec tout le stress que ça implique : le transport en avion et l'énorme dette à rembourser. Je renouerai donc avec mon petit violoncelle Kay qui ne vaut même pas 700$, et en tirerai ce que je peux avant le prochain.

La nuit du 1er septembre, je ramasse mes affaires et je quitte. Mon vol décolle de Berlin le 2 septembre à 7:05 du matin, heure locale, fait une escale de 11:00 à 14:05 à Istanbul, puis arrive à 17:40 à Montréal, heure locale, toujours le vendredi 2 septembre. Je me rendrai à Québec directement, où je découvrirai mon appart pour la première fois (je paye depuis juillet, quand même!). J'ai hâte de m'asseoir par terre tout seul dans mon premier appart à moi tout seul, barrer la porte, et me demander ce que je fais là.

Des nouvelles de mes enregistrements


Titre : Angenehmer Duft
Étiquette : Kohlenstoff Records (Montréal) [KOHL 34]
Formats : flexidisque et digital
Sorties officielles : concert-lancement à Berlin le 27 août 2016, concert-lancement à Montréal le 10 septembre 2016

J'ai improvisé une pièce le 16 mars 2016 à la WAVE Akademie für Digitale Medien, Berlin, juste avant de partir en tournée en France avec le GGRIL. Au cours de la tournée, j'ai écouté les prises et fait ma sélection. La pièce choisie a été masterisée par Félix-Antoine Morin à Montréal, qui en a composé un « remix ». C'est donc ce qu'on retrouve sur ce court album : ma pièce et sa pièce.

Entre le 16 mars, la tournée du GGRIL et tout ça, Louis-Pierre Charbonneau m'a proposé quelques graphismes, on a finalisé et j'ai passé ma commande à Pirate Press en République Tchèque, un des seuls fabricants de flexidisques au monde.

J'ai payé, j'ai reçu les test pressings le 2 juin 2016, j'ai été écouter ça chez le gars vraiment sympathique de Karlrecords à Berlin le 3 juin 2016, j'ai donné mon ok et j'ai reçu les flexidisques le 20 juin 2016.

Mon flexidisque qui pose à côté de ma violette africaine

Titre : THUYA {Québec-Berlin String Trio} Live @ the CLUB
Étiquette : Creative Sources Recording (Portugal)
Formats : CD et digital
Sortie officielle : concert-lancement le 31 août à Berlin

J'ai rencontré le violoniste Gerhard Uebele lors de mon premier passage à Berlin, plus précisément le 8 juin 2008 lors d'une scène ouverte (offene Bühne) à l'Exploratorium. On avait aussi fait un concert en duo cet été là et on s'était promis de se revoir. Je l'ai revu en concert avec son quintette quelques jours après mon arrivée à Berlin cette année en 2015 et j'ai vraiment aimé le jeu du contrebassiste qui était là, Klaus Kürvers. Les semaines ont passé, on a joué ensemble en trio chez Klaus plusieurs fois et je nous ai booké deux concerts à the CLUB.

Klaus enregistre tous les concerts qu'il fait avec sa petite enregistreuse portative, question d'archiver. Cette fois par contre, à réécouter ces deux concerts, on a eu l'envie de partager les enregistrements. Le son n'est pas parfait, et c'est bien ce qu'on aime. On sent l'ambiance, les bruits de la foule, la porte du frigidaire du bar qui claque dans le lointain, etc. Je suis très très fier de la musique qui est sur ce CD.

La pochette a été pensée par Klaus, à partir des photos prises par sa compagne de vie, Viola. J'ai contribué à la traduction du court texte (allemand, français, anglais, c'était très important pour moi d'avoir les trois langues), dont une discussion intéressante sur l'utilisation des guillemets dans les différentes langues (allemand : „the CLUB“, anglais : “the CLUB”, français : « the CLUB »). Je suis aussi très satisfait de mon idée sur la façon de présenter les pistes, un peu à la manière d'un CD de musique classique, sans titres.

Mon CD de THUYA. Je crois bien que c'est l'endos de la pochette,
mais c'est peut-être aussi le rabat intérieur. Espérons qu'on reçoive les copies à temps!

Titre : D'éclisses
Étiquette : Ambiances Magnétiques (Montréal) [AM 233]
Formats : CD et digital
Sortie officielle : concert-lancement le le 10 novembre à Montréal dans le cadre d'une grande fête 25e anniversaire de DAME

Voici mon projet le plus ambitieux de l'année. Un CD complet en solo sur une étiquette que j'aime beaucoup, Ambiances Magnétiques, sur lequel j'ai déjà un CD (Fenaison, Plat, AM 169).

Voici où j'en suis : j'ai complété les sessions d'enregistrement (16 mars 2016, 7 juillet 2016, 17 août 2016) avec Nick Schröder à la WAVE Akademie für Digitale Medien, Berlin, et effectué un premier tri dans les 4-5 heures de musique que j'ai sous la main. Aujourd'hui même, je vais chez Nick et on envoie ce premier tri (38 pièces) à Robin Servant qui fera le mix à Rimouski. De ces 38 pièces, je me donne une semaine ou deux pour choisir les 13 pièces qui iront sur le CD.

La pochette sera réalisée par Louis-Pierre Charbonneau à partir d'une session photo réalisée le 10 mai 2016 par la photographe Uta Neumann dans une fabrique de sculptures quelque part à Berlin. Il y aura aussi peut-être une photo tirée du travail d'artiste personnel de Uta Neumann dans la pochette. Tout ça va se décider très rapidement au cours des prochaines semaines.

Mon nouvel appart


Je suis tellement chanceux d'être ici! Mon ami Wouter Van Itterbeeck m'a prêté sa chambre pendant qu'il passe le mois chez lui en Belgique. J'ai emménagé le 6 août et j'y resterai jusqu'à mon départ. En arrivant, j'ai fait et grand ménage et rencontré mes colocs vraiment sympathiques Lise et Mia. C'est un appart sur 3 demi-étages avec deux salles de bains complètes. Le tout est dans une condition un peu punk, disons, rien à voir avec mon appart plutôt hipster-chic chez Sarah et Clara. Ça fait du bien, en vrai! Après le ménage, je m'y suis tout de suite senti chez moi. L'appart est super bien situé : à 2 minutes de marche de l'épicerie, à 3 minutes de SchwuZ, à 5 minutes de mon amie Flatter Lenzia, à 5 minute de Sowieso (musique improvisée), à 5 minutes de Engels (ma soirée du vendredi est rendue là, après 3 ans à the CLUB), etc.

La cuisine chez Wouter, avec ma violette africaine.

Ma chambre chez Wouter, avec mon oiseau en plastique.

Wouter m'a laissé ce petit message et je ne pense pas qu'il se doutait
que ça serait si important pour moi. Je le vois à chaque fois
que j'entre dans ma chambre et ça me rappelle de profiter de chaque instant!