mardi 17 juillet 2018

été 2018, jours 46-47-48-49-50-51-52-53-54-55-56/79

(à compléter)

Je déjeune au concessionnaire Mercedes.

J'ai terminé mon rapport d'utilisation de bourse hier. Oui, celui qui était déjà le premier élément de ma liste de choses à faire le 7 août 2017 (mon agenda ne recule pas plus loin).

On m'a déjà conseillé d'écrire en ayant mon lectorat en tête. En écrivant ce rapport, je voyais un cercle de gens cravatés autour d'une table, une table ovale en bois pâle au milieu d'une salle de réunion au 15e étage d'un bureau à Montréal, un groupe d'artistes-intellectuels-décideurs scrutant chaque caractère, prêts à me prendre au détour d'une virgule et mettre fin à toute possibilité de financement public futur. J'ai écrit ce rapport pour eux, tentant de parler leur langage, tentant de séparer ce qui passera de ce qui ne passera pas, évitant tout humour ou légèreté qui risqueraient de ne pas bien être compris, tentant de lire dans leurs pensées sans savoir qui ils sont et de quoi ils ont besoin.

Et en écrivant ceci ce matin, j'ai cette fois tour à tour une lectrice et un lecteur bien précis en tête. Celle-ci pense que les artistes devraient travailler pour gagner leur vie, ne comprend pas tellement cette vie que j'essaie depuis 2-3 ans; j'imagine qu'elle s'imagine que n'importe qui peut avoir une subvention, qu'il y a peut-être trop de subventions, que ça rend paresseux, et qu'un coup la subvention reçue c'est fini, un pet dans l'eau. Celui-là au contraire connaît l'effort et je peux lui partager une subjectivité vulnérable sans crainte, si ce n'est celle de ne pas tellement l'impressionner encore une fois. Fin de l'introduction.

Au final, le rapport contient :

  • 1 texte de 6935 caractères (sur une limite de 7000)
  • 1 budget mis à jour qui inclut :
    • 3 factures
    • 3 documents d'explications, avec des tableaux synthèse et des justifications
    • 1 pdf d'un fichier excel de détails, du macro au micro
  • 12 documents en matériel d'appui, c'est-à-dire :
    • 5 enregistrements audio avec support vidéo
    • 1 blog entier de 12 textes, 30 images et 4 h de musique
    • 1 beau dossier de presse avec table des matières, captures d'écran, pdf convertis en fichiers image — équivalent moderne des coupures de presse — et références au format standard (exemple : Agence QMI (2017, 21 juillet), « Un violoncelliste de Québec se lance dans un contexte de création en costume d'Adam ». Le Journal de Québec [journal], sur le site Le Journal de Québec. Consulté le 21 juillet 2017 et le 25 avril 2018.)
    • 1 photo d'une analyse temporelle d'une pièce de 60 min 36 s
    • des liens vers différentes pages web
  • 1 texte de 305 caractères (sur une limite de 500)
  • 1 texte de 477 caractères (sur une limite de 500)
  • 1 texte de 474 caractères (sur une limite de 500)
J'ai donc envoyé le tout hier à 20 h — c'est-à-dire 14 h, bureaux du Québec — et j'ai tout de suite reçu la confirmation de réception. Ce matin, je reçois à 11 h 30 — c'est-à-dire 5 h 30, bureaux du Québec — l'avis comme quoi « Le rapport d'utilisation a été accepté et le dossier de votre demande est fermé. » J'ai deux réactions en même temps.

D'une part, soulagement. Parfait, c'est fait, c'est fini, j'ai mis tellement de temps à penser à ce rapport, à le préparer, à le repenser, à en reporter l'écriture, à reporter le travail sur d'autres projets pour m'y consacrer, à ne pas m'y consacrer et finalement perdre mon temps bord en bord, à m'y remettre, à le reporter d'une semaine à l'autre dans ma liste de choses à faire, à scanner quelques documents au bureau avant de partir pour Berlin, à finalement rédiger, remanier le texte, rerepenser la structure, élaguer, préparer tous les documents d'appui, faire de la mise en page sur excel, word, calibrer les fichiers numérisés dans un logiciel photo, finaliser, refinaliser... et voici que j'ai la confirmation que tout est bouclé. Et je suis content, bravo à moi! 

D'autre part, je me dis, coudonc... j'en fais-tu beaucoup trop moi là?! La personne qui a reçu ça sur son bureau n'a certainement pas épluché tous les documents d'explications joints au budget, n'a pas regardé tous les documents en matériel d'appui, n'a pas écouté les extraits, etc. c'est mathématiquement impossible. Scénario réaliste : mon rapport est arrivé dans le pigeonnier virtuel d'une personne dans un beau bureau vitré à 14 h. Elle l'a ouvert à 15 h 30, mettons, parce qu'elle était déjà en train de faire autre chose, tsé, enfin j'espère. Puis elle a regardé ça, ok, la checklist, tous les éléments sont là. Elle a lu le premier paragraphe du texte principal, ç'a l'air beau, elle a regardé les noms de fichiers des documents d'appui, ç'a l'air beau, elle a vérifié que le budget balançait, puis elle a cliqué « accepter » à 16 h 15 avant de partir. Ciao les collègues, à demain! Elle en a parlé à personne, un dossier parmi d'autres, peut-être à la limite a-t-elle pensé une seconde que c'était un peu too much pour une subvention de 750$. Mais elle avait autre chose à faire. Puis le système informatique a figé au gouvernement, comme ça arrive parfois, mon acceptation est entrée en file d'attente et ç'a débloqué à 5 h 30 du matin, quand j'ai reçu la confirmation que tout était fini.

Je passe donc à un autre appel, oui, avec joie, mais juste avant, encore quelques minutes, ce matin d'ironie en solo au Mercedes-Welt am Salzufer, quelques minutes à observer ce sentiment d'incompétence bien précis, ce motton, cette impression de ne pas avoir bien compris les directives, l'impression de rejet, d'inconsidération pour mon travail. Et c'est comme ça que je revire mon succès en échec.

À ma droite le Steinway piano à queue du magasin de chars. À ma gauche un présentoir de modèles réduits, montres, lunettes soleil, il y a même un parfum Mercedes, une petite valise à 385€. Plus loin devant, un petit mur d'escalade, une fontaine intérieure et une rivière presque complète, des dizaines de voitures de luxe stationnées sur quatre étages en mezzanine plongeant en spirale du toit vitré. Dehors, les arbres, Berlin, un bon moment pour enterrer ce projet et tout ce qui s'était pris dans ses filets depuis un an.

Si je me dépêche, je pourrais aller à la plage encore. Au cours des derniers jours, je n'ai pas chômé.

07.07 : concert à Ghost Yoga

Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Shasta Ellenbogen (alto), Chatschatur Kanajan (violon), Adam Goodwin (contrebasse)

mettre des photos, parler de cette expérience bien particulière de quatuor à cordes expérimental à la sauce Morton Feldman dans un entrepôt désaffecté avec toute une classe de bowspring yoga d'une trentaine de personnes.

08.07 : premier déjeuner chez Mercedes (merci google maps) + pratique de piano à Piano-Center

09.07 :  travail à Staatsballet + souper avec Jean, Lise, Marina + spectacle Olympia Bukkakis : Tales From A State of She-mergency - Research Showing

parler du travail, de la réflexion, perspective queer de Olympia Bukkakis

10.07 : travail @ Staatsballett + session avec le WhatHappensNext Ensemble

11.07 : travail à Staatsballett + concert @ Sowieso
Axel Dörner (Trumpet), Emilio Gordoa (Vibraphone), Klaus Kürvers (Double Bass), Andreas Willers (Acoustic Guitar, Banjo)

12.07 : email au travail (toutes mes dates de concert jusqu'à la fin de 2018) + Conrad réparation de vélo + Julia Dimitroff réparation de ma pique de violoncelle  + concert @ Wiesenburg
Ignaz Schick (tables tournantes), Emilio Gordoa (vibraphone préparé, objets), Nicola L Hein (guitare électrique). Adam Frankiewicz (lecteurs cassette). Lena Czerniawska (installation, art visuel sur cassettes).

13.07 : session chez Klaus + magasinage de jeans infructueux + soirée au ZK/U Zentrum für Kunst und Urbanistik
session : Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Anat Cohavi (clarinette), Klaus Kürvers (contrebasse)

14.07 : café Romeo und Romeo + concert au Staatsoper + soirée rock à Große Freiheit
15.07 : critique biaisée Flughafensee
16.07 : café A + concert à Geyger
17.07 : blog chez Mercedes + envoye la plage il fait 28°C

18.07 : session Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Max Stehle (sax), Rosemarie Jäger (piano)

jeudi 5 juillet 2018

été 2018, jours 25-26-27-28-29-30-31-32-33-34-35-36-37-38-39-40-41-42-43-44-45/79

6 juillet 2018
Une autre splendide journée berlinoise, 24-29°C juste assez de vent pour les feuilles aux arbres.

[Révision, 7 juillet 2018
Une belle journée un peu plus fraîche qui commence alors que je relis et termine ceci.]

Ce blog s'écrit en écoutant Wayne Shorter, Nous perçons les oreilles (c'est à ce moment que ma coloc passe fermer ma porte, -10 points), Philip Glass.

Je n'ai pas écrit depuis plusieurs jours mais j'y ai pensé. D'autres activités ont retenu mon attention, puis les jours se sont accumulés, avec leurs histoires à raconter. Puis le temps que j'aurais à prendre pour les décrire s'est allongé, puis c'est devenu une tâche. Un peu comme ce rapport d'utilisation de bourse — que j'ai passablement avancé au cours des deux dernières semaines, soit dit en passant (ce tiret cadratin que je dois googler à chaque fois) — en retard de près d'un an.

Dans mon nouvel appartement, mes deux colocs Andrea et son fils Moritz, qui fêtait ses 10 ans quand je suis arrivé le 30 juin, absents ce matin, ce midi, passage d'Andrea en après-midi, repartie, revenue, pratique de violoncelle écourtée.
[Révision : Aujourd'hui, ils sont partis en camping pour quelques jours, yes! J'aime beaucoup mes nouveaux colocs et ma chambre, mais je pense que je préfère : ne pas devoir marcher sur la pointe des pieds après 23 h, avoir un balcon, laisser ma vaisselle sur le comptoir plus de 10 minutes après avoir mangé. Content d'avoir l'appart à moi tout seul aujourd'hui.]


Je me suis fait un petit set-up de travail dans ma chambre.

Je quitte sous peu pour aller au Staatsoper voir (ou plutôt, entendre) Hymnen, de Stockhausen. Diffusion dans quatre haut-parleurs de cette pièce de musique concrète et électronique. 20€ pour voir quelqu'un peser sur play, finalement. Et j'ai tellement hâte!
[Révision : C'était tellement bon. J'ai entendu cette pièce comme jamais je l'avais entendue avec la version stéréo que j'ai chez moi. J'ai mieux saisi certaines sections. C'est une expérience, comme celle vécue au planétarium pour Telemusik et Cosmic Pulses, qui va guider mes prochaines écoutes. La pièce dure près de deux heures (114 min.) et j'étais surpris qu'elle soit déjà terminée à la fin. Stockhausen domine la perception du temps. La structure de la pièce est incroyable. Je suis resté après pour discuter avec le projectionniste de son, un Français (ou un Suisse?), passionné de Stockhausen.

Leçon de vie : En arrivant dans la salle, j'étais bien déçu de voir la disposition des chaises. On avait fait un grand carré, chaque coin formé par un haut-parleur. La seule place au centre était celle du projectionniste avec sa console et son écran. Je trouvais ça assez ordinaire comme disposition pour une pièce quadraphonique, dont l'idée même, l'expérience sur laquelle a mis tant de travail le compositeur, est d'être entouré par le son. Après avoir retourné ça dans ma tête pendant quelques minutes — je dis quelque chose? qu'en pensent les autres membres de l'auditoire? le projectionniste? l'organisateur? qui est l'organisateur qui a laissé ça passer? — après avoir acheté un bretzel à 3€, j'ai finalement osé demander à une des placières, avec toute la politesse que me permet mon allemand limité, s'il n'y avait pas la possibilité, die Möglichkeit, de s'asseoir au centre, expliquant que tsé pièce... quatre... milieu... Elle était bien mal à l'aise! Mais l'autre placière est venue à la rescousse expliquer que ce que j'avais pris pour des panneaux acoustiques, ces grands rectangles gris disposés par terre entre le carré de chaises-speakers et le centre-projectionniste, étaient en fait des matelas pour s'installer, couché ou assis, pour écouter la pièce. Eurêka! Me semblait aussi! Personne n'avait encore osé s'asseoir dessus. J'ai donc pris la meilleure place possible, au pied du projectionniste, de façon à très bien entendre sans jamais voir son écran. La leçon de cette histoire : risquer de paraître désagréable un instant, oser demander.]



Juste un corridor du Staatsoper. Photo trouvée sur internet et recadrée.

J'ai payé mon comptable pour ses services, j'attends l'avis de cotisation. Payer de l'impôt, quelques centaines de dollars, un signe de succès?


J'ai envoyé un premier chèque de 1000$ pour la nouvelle entente avec le propriétaire du local commercial loué à Rimouski entre 2012 et 2014. Ça s'appelait La Vide, ça aurait pu être mieux, mais ce n'est pas l'échec que je perçois parfois en y repensant, en renégociant les ententes de paiements avec le proprio.

J'ai confirmé les dates des concerts mensuels de l'EMIQ Ensemble de musique improvisée de Québec à venir pour l'automne 2018. J'ai envoyé des emails à EM, LL, GD, LA, LA, LR, FC et peut-être d'autres, artistes et organismes, en lien avec la programmation des concerts. Après bin du niaisage, j'ai réussi à récupérer mon compte Mailchimp pour communiquer avec la liste des musiciennes et musiciens potentiels de l'EMIQ. On m'envoyait un code de vérification sur mon cell, mon numéro de Québec, auquel je n'ai pas accès pour le moment, je me rends compte en passant que je pense avoir perdu ma mini carte SIM, voyons voir si des complications m'attendent au retour. J'ai donc envoyé un email à la liste. Succès.

J'ai confirmé un concert au Carré d'Youville en septembre prochain, envoyé ma bio, ma photo, mes besoins techniques. Aussi, un concert à Montréal, un concert à Rimouski, etc. J'attends une dernière confirmation pour Saint-Jean-sur-Richelieu avant de confirmer mes disponibilités pour le travail. Cet horaire sera une dentelle d'or. À moi de bien la brosser.

J'ai fait la mise à jour de mon site www.remybelangerdebeauport.com.

Je joue en concert samedi le 7 juillet dans deux jours, un quatuor à cordes pour une session de yoga-pour-les-anti-yoga. Je comprends l'idée, assez bien présentée d'ailleurs! Le lieu nous sera révélé la journée même. Un excellent ensemble : Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Shasta Ellenbogen (alto), Chatschatur Kanajan (violon), Adam Goodwin (contrebasse).
[Révision : C'est demain et je viens d'apprendre qu'il faut que je me trouve une chaise. Ah! #cellists]

J'accompagne une première partie du Professional Dancers' Postgraduate Teaching Certificate (mieux connu sous le nom de PDPTC, acronyme impossible) du Royal Academy of Dance (RAD, plus facile) les 9-10-11 juillet. Puis je reprends du service en fin de formation les 22-23-24-25 juillet.
[Révision : En fait c'est le PDPTC ISP : Professional Dancers' Postgraduate Teaching Certificate Intensive Study Period. Je viens de parler à une des responsables qui m'a appris que toutes les heures de mon engagement, ou presque, ont changé. Pas grave, il y en a un peu plus. Ça se passe dans les locaux du Staatsballett, je vais sûrement avoir un gros piano à queue.]

Je joue en concert le 3 août. Cette fois, deux trios dans la salle très formelle de l'Exploratorium, que j'aime beaucoup. Premier trio : Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Heiko Löffel (basson), Max Stehle (sax). Deuxième trio, mon trio à cordes THUYA : Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Klaus Kürvers (contrebasse), Gerhard Uebele (violon).

Puis je prends l'avion le 8 août.

J'ai calculé avoir dépassé le point milieu de mon séjour.

Voyons voir si je peux retracer ce que j'ai fait depuis la dernière fois.


16.06 suite : un concert

Cette soirée là, Louis-Frédéric et moi sommes allés à un excellent concert finalement : Rudi Mahall (clarinettes), Olaf Rupp (guitare électrique), Kasper Tom (drums). De la haute voltige, sérieusement. Tout allait très vite avec des moments mélodiques, éléments de jazz dans du sable mouvant.


17.06 brunch et DEKAMERON

Brunch queer du dimanche en solo au réputé Südblock. Longue marche sous un soleil un peu frais. Mes pas me guident vers le parc Hasenheide où je lis quelques pages.


Terrasse du Südblock


J'ai été voir la pièce de théâtre immersif DEKAMERON à la salle Berliner Ensemble. Wooooo. Certainement ma meilleure expérience de théâtre à vie, même si je n'ai pas tout compris.

Il faudra que je prenne la peine de décrire DEKAMERON quelque temps. Un vrai compte-rendu qui rendrait justice à tout ça.


Dekameron
Image de DEKAMERON. Photo : Matthias Koslik


18.06 - 19.06 euh

Je ne sais plus, j'ai écouté vraiment beaucoup de vidéos de la machine qui écrase des affaires. Je peux bien!


20.06 Boiler

Je suis allé au Boiler et j'y ai revu mon ami Michael! Il n'a pas changé. Tous les amis que je retrouve ici ne semblent pas avoir changé en deux ans. Ça doit être dans l'air. J'ai rencontré un nerd vraiment smatte mais j'ai oublié de lui demander son nom.


21.06 teinture et Chantal's

J'ai revu Linnea la DJ, et aussi ma coiffeuse quand je suis à Berlin. Elle m'a fait un petit refresh de coupe et a appliqué ma teinture. De retour à la maison, j'avais un rendez-vous Skype artistique avec Rimouski pendant que la teinture prenait.
Ensuite je suis sorti pour la première fois au Chantal's House of Shame, un party hebdomadaire organisé par une drag queen assez intense, saoule et légendaire. Le club s'appelle Suicide Circus, ça donne le ton. Super soirée, un dancefloor intérieur, un dancefloor extérieur, des gens qui dansent bien sans sembler se soucier du regard des autres. Je suis parti vers 5-6 h du matin et la soirée était loin d'être terminée. Dernier regard vers les gens qui dansent, sourires dans la lumière du matin, la face même pas maganée, un nouvel ami facebook à qui je n'ai pas reparlé finalement.


À gauche : la Chantal en question. À droite : mon ami Michael qui en fait la promotion
Dancefloor extérieur du Suicide Circus. Photo trouvée sur facebook.


22.06 habitudes

Je ne sais plus, j'ai dû me réveiller tard, j'ai peut-être fini par aller me promener, j'ai peut-être fait un lavage, j'ai peut-être été prendre un café au K-Fetisch (jeu de mot poche, rien à voir avec le fétichisme) coin Weserstraße et Wildenbruchstraße, ou un thé au Ludwig sur Anzengruberstraße, ou un döner sur Mehringdamm.


23.06 rédaction et concert

J'ai passé la journée au café Laidak coin Boddinstraße et Mainzer Straße à travailler sur mon rapport d'utilisation de bourse, celui qui est en retard d'un an. Journée productive. Puis j'ai été voir un concert au Kék Ló : Sofia Borges (percussions), Penelope Gkika (violon), Amélie Legendre (violoncelle), Ulf Mengersen (contrebasse). La violoncelliste avait accordé sa corde la plus grave en sol (j'ai déjà fait ça aussi) et l'effet de rencontre avec la corde de sol de la contrebasse était mystifiant. À un moment donné la violoniste jouait dans le suraigu, presque inaudiblement trop aigu, pendant que la percussionniste brassait des petites cloches. Ça donnait un miroitement d'eau, une transmission électronique, quelque chose d'immatériel.

Beau café, beau band, bonne musique.

24.06 aéroport, art performance et la Schlagernacktparty

Ce matin là j'ai été chercher Marie-Pierre à l'aéroport. On a été au Café Einstein, un Kaffeehaus, c'est-à-dire un endroit, une aire ouverte très jolie, où les gens vont prendre un café, manger un peu, mais qui n'est pas un café ni un restaurant. En fait ça s'appelle Café Einstein Stammhaus, quelque chose comme un endroit où se rencontrer. Je n'y retournerai pas, mais j'étais content de partager ce moment avec Marie-Pierre, assis dans la même pièce où quelques décennies plus tôt se réunissaient [insérer quelque philosophe emblématique allemand] et [insérer un autre].

Puis j'ai été voir une performance de Liping Ting, l'artiste taïwanaise-parisienne avec qui j'avais fait un concert-performance à Le Lieu à Québec. C'était le fun de se revoir. Sa performance était hot. Les gens étaient très attentifs.


J'ai participé à la perf de Liping. Photo : Ian Stenhouse
Puis j'ai été à la Schlagernacktparty à Schwuz. Une soirée où les DJ ne jouent que de la musique kétaine allemande (l'équivalent d'écouter radio flashback) et où tout le monde est à poil. Un classique de mon passage à Berlin. Le genre de chose qui ne pourrait se passer qu'ici. Au Québec, ça serait juste des vieux monsieurs troublants qui essayent de faire une passe même si le contexte est clairement non-sexuel. Ajoutons que c'est un gros bar, énorme dancefloor (et la boule disco qui va avec), donc alcool mais personne n'est saoul désagréable. Mon ami.e Flatter est venu.e me rejoindre, puis Brigitte, Achim et je ne sais plus qui encore, on était une belle petite gang.


25.06 rédaction et DEKAMERON (deuxième fois)

Longue pratique de violoncelle, puis j'ai été rejoindre Alexander au café St.Oberholz, une autre session de travail bien productive sur mon rapport d'utilisation de bourse.

Puis je suis retourné voir DEKAMERON. C'était complètement différent de la première fois! What?! J'ai bien fait. On m'a reproché une fois dans ma vie de revenir une deuxième fois à un spectacle. J'y repense à chaque fois que je le fais, retourner une deuxième fois voir un même spectacle. Et je ne fais qu'accumuler les exemples qui prouvent que, pour moi, ça vaut tellement la peine.


Image de DEKAMERON. Photo: Thomas Bo Nilsson



26.06 euh et le sens du euh

Je ne sais plus trop. J'ai l'impression que ces deux dernières semaines dans l'appart chez Achim ont été plus relax, moins remplies d'évènements, malgré le compte-rendu que je fais ici. Relater son quotidien donne une impression de trop-plein qui ne reflète jamais la réalité. Je ne prends pas la peine de décrire les plages de temps passées à ne rien faire de spécial, à occuper les minutes d'actions qu'on oublie aussitôt — faire des toast dorées, un lavage, un email, une page de lecture, sortir les vidanges, parler à des gens en ligne — mais si je le faisais, disons en vert, on verrais la teinte se propager sur mon séjour, un parc sur une carte routière.
Pendant quelques jours, j'ai ressenti la déception de ne pas en faire assez. J'ai regardé les billets d'autobus pour Prague, mon compte de banque, les dates de ma job au RAD. Je me disais que je ne savais pas profiter de mon voyage, peut-être. Mais pour évaluer ça, il faut savoir pourquoi on choisit d'aller ailleurs. Dans mon cas, la réponse est vague mais se tient à bonne distance du sight-seeing et des activités à tout prix. Je suis ici pour ne rien faire, aussi, c'était dans le contrat. Content de ralentir, mais difficile quand même de s'affranchir de l'idée qu'il faut toujours être productif, accumuler les évènements, les rencontres, les lieux où on mettrait un X, les listes avec des crochets et des items victorieusement biffés. Réflexes d'élève modèle d'école privée.


27.06 WhatHappensNext

J'ai été jouer avec le WhatHappensNext Ensemble lors d'une de leurs pratiques régulières. On a parlé de ces instants de silence que l'on souhaite parfois dans une improvisation avec un ensemble de cette taille, 5-7 personnes. Avec mon allemand limité, j'ai décrit une tranche de fromage emmental (je n'ai jamais entendu parler ou vu de « fromage suisse » ici). Les trous, die Löcher. Puis on a été boire un verre de vin en face et j'ai manqué je ne sais plus quel concert que je voulais vraiment voir ce soir là mais que j'avais oublié de prendre en note. J'ai mangé un döner à ma place préférée, le quand même très overrated Mustafa's Gemüse Kebab. Le dosage épices, légumes cuits, légumes frais, sauces, est parfait. Je m'épargne la sauce piquante. Ohne scharf bitte.


28.06 Treptower Park et cinéma

J'ai écrit des emails pour l'EMIQ encore. Ça me prend un temps fou. Puis j'ai été faire une longue promenade dans Treptower Park, après tout j'habitais juste à côté et j'allais partir bientôt. Le parc est encore plus gros que je l'imaginais. Un petit google pour dire que c'est 84 hectares, près de 1 kilomètre carré avec des arbres, des arbres encore, des sentiers, des plaines de gazon, des plaines plus sauvages, un observatoire scientifique pour les étoiles, une rivière, une île, des bateaux, une rue, un arrêt d'autobus, et puis j'ai été voir le film Love, Simon au cinéma Rollberg Kino. Il me semble que le son était vraiment bon dans cette salle autrement assez modeste.  Mon verdict sur Love, Simon? 6/10 bin correct. Je voulais le voir, je l'ai vu. J'ai trouvé ça bien meilleur que Call Me by Your Name, le dernier film que j'avais vu au cinéma, en décembre 2017.


La meilleure photo que j'ai prise de Treptower Park.
Il s'agit d'une petite partie de l'immense Mémorial soviétique qui s'y trouve,
qui lui-même est une minuscule partie du parc.


29.06 Critique biaisée #4 : Strandbad Grünau 7,5/10 et sortie à [ipsǝ]

Description de l'idée des critiques biaisées : évaluer les 11 lieux où j'irai me baigner cet été selon des critères ouvertement absurdes tels la musique que j'écoutais en m'y rendant, les rencontres que j'y ai faites, la facilité d'accès du lieu, la beauté du paysage ou quelque chose du genre, la température ce jour là, la qualité de la baignade et de la plage, etc.

J'ai toujours trouvé que le mot Grünau ressemble à Gruau. J'étais en retard sur mon horaire, j'ai trop passé de temps dans mes affaires (entre autres, encore des emails d'organisation pour l'EMIQ) avant de partir et je suis arrivé à 16 h. Ça fermait à 18 h, oups, ma faute. J'ai eu droit à un rabais sur l'entrée : 5€ au lieu de 8€. Mais j'ai demandé de l'eau pétillante et on m'a vendu un verre d'eau en plastique 3€. Scandale! Très facile de se rendre à Strandbad Grünau! Un voyage de S-Bahn, quelques arrêts de tram. Je ne sais plus ce que j'écoutais. Je pense que je n'écoutais rien. Seul sur mon carré gazonné entouré de haies de cèdre devant le lac. L'eau est trouble et un peu froide. Le ciel n'est pas parfaitement bleu. Le gazon me rappelle le chalet de ma grand-mère à Saint-Achillée, c'est un beau souvenir, mélange de trèfles, petites pousses, un peu piquant. Dans mon calepin : « Vraiment génial d'être ici seul. » Ma préférée jusqu'à date, à ce moment.

Ensuite j'ai droppé mes affaires à l'appart, j'ai trop niaisé pour aller à The OTHER Lab comme je voulais alors je suis allé directement à ipse. Voilà un autre bar remarquable, on s'en sort pas. Un ramassis de bout de bâtisses agencés ensemble de la meilleure façon qui soit. Dehors, un espace encore plus grand que le bar donne sur une rivière (un google maps plus tard m'apprend qu'il s'agit en fait de Flutgraben, un petit canal). Il y a un bar extérieur, avec son personnel relax. Parterre de bois, parterre de roches plates, parterre de gravier, des arbres au travers de bancs de bois, de bancs en escalier jusque dans l'eau — pas de clôtures pour empêcher le monde de se noyer à Berlin, étonnant de voir ce qui arrive à une population quand on lui fait confiance — il y a un gros lustre, deux étages d'anneaux or et cristal, suspendu au milieu de la place qui tourne sur lui-même comme une boule disco, des spots rouges dans les arbres aplatissent les reliefs et donnent l'impression d'une nature en plastique, entre le bar et le lustre, une galerie complète qui semble avoir été arrachée à un chalet et replantée là, les anciens carreaux donnant maintenant sur des surfaces miroir. Le patchwork à l'intérieur est tout aussi réussi. L'éclairage est intense dans les rouge, bleu, violet, par moments la machine à fumée envoie une grosse poussée et on ne voit plus que les couleurs des spots, on perd toutes les formes. Les gens ici savent ce qu'ils font. La musique : techno pas super par contre. Je ne suis pas resté très tard. L'évènement s'appelait RIOT for Your Riot. +10 points.


Photo de ipse trouvée sur internet et modifiée pour qu'elle représente mieux ce que j'ai vu.


À SUIVRE
[Révision : la suite]

30.06 déménagement et cool soirée au Schwuz

J'ai déménagé mes pénates à Charlottenburg. Voyons voir comment ça va se passer. Et comme je voyage léger, j'avais en masse d'énergie après le déménagement pour profiter de ma place sur la guest list au Schwuz, soirée Buttcocks x Anja Zaube x Crush.


01.07 mon Diamant

Acheté un vélo! La marque « Diamant », de l'Allemagne de l'Est. Grâce au numéro de série, j'apprends qu'il a été fabriqué en 1976.

Placer photo glorieuse.
[Révision : deux photos glorieuses de mon vélo devant l'entrée de mon appart.]



Pour avoir eu ce vélo depuis quelques jours maintenant, je peux dire que ça change vraiment la donne. Berlin est une ville avec très peu de relief, on se déplace donc à peu près sans effort, même sur une grosse bécanne comme la mienne, sur des distances assez importantes.

Ma première excursion fut de me rentre à un gros évènement queer à la piscine municipale Prinzenbad. Ce n'est pas une mais bien trois piscines extérieures — chauffées! — qui attendent les gens ici, en plus de tout une section parc gazonnée. Pour se déplacer entre le gazon et les aires de piscines, on passe par un mini bain de pieds obligatoire. Bien pensé. Pour l'occasion, il y avait aussi une scène, une DJ, un band, des stands de bouffe, de la bière, du café, du yogourt glacé bio. On devait bien être 500 personnes sur le site, si ce n'est pas 1000, mais ça n'avait jamais l'air surpeuplé.




La drag queen Jurassica Parka était là et a filmé le tout (ici, elle perd son rembourrage et une partie de son make-up en sautant dans la piscine). J'ai pris des captures d'écran de son vidéo sur facebook.

Ensuite, à la recherche de la poutine promise! En cette fête du Canada, il fallait bien des Canadiens résidant à Berlin pour se partir un restaurant de poutine et faire une célébration spéciale. Je me suis donc rendu à Osthafen, mais il n'y avait plus de fromage en grain et le restaurant était parti. Je me suis donc rendu à un autre endroit où ils avaient annoncé leur présence. Même histoire, ont manqué de fromage et sont partis! On a bu une bière Dieu du ciel importée. C'est la première fois que je buvais une IPA en sol allemand, et j'avoue que ç'a fait un drôle de feeling.


02.07 payé mon loyer, soirée où donc?


Je ne sais plus trop ce que j'ai fait cette journée là. J'ai fait un virement dans mon compte et payé mon loyer jusqu'à la fin de mon séjour.

03.07 Critique biaisée #5 : Mügelsee 9/10


Description de l'idée des critiques biaisées : évaluer les 11 lieux où j'irai me baigner cet été selon des critères ouvertement absurdes tels la musique que j'écoutais en m'y rendant, les rencontres que j'y ai faites, la facilité d'accès du lieu, la beauté du paysage ou quelque chose du genre, la température ce jour là, la qualité de la baignade et de la plage, etc.

Je suis allé reconduire Marie-Pierre à l'aéroport, pied cassé et sa botte lunaire, avant de me rendre à Mügelsee. Première réaction : Wow! First-world problem : difficile de marcher dans le sable de plage. J'ai nourri un canard à la main. J'ai nagé. C'était beau. Gratuit. Facile d'accès. De la place pour tout le monde sans être près les uns des autres. Beau soleil! Un peu loin par contre et il fallait changer de S-Bahn une fois avant de prendre un tram. J'ai lu mon nouveau livre de courtes nouvelles en allemand avec traduction française et explications en parallèle. Définitivement une recommandation pour une plage à Berlin. Les seuls points négatifs, à part la distance, c'est que le fond de l'eau (parfaitement translucide) est rapidement couvert d'algues quand on s'éloigne du bord. J'aime pas trop marcher là dedans, tout d'un coup qu'il y aurait une bête féroce de la mer! Et j'aurais bien pris une douche avant de partir.

Premier test de vidéo pris avec mon cell sur ce blog. Le canard.

Ensuite j'ai fait un bon détour juste pour aller souper au Hamy, la place vietnamienne que j'aime tant. Puis j'ai été au show de drag queen tellement hot au Monster Ronson's.


04.07 rédaction à The Poutine Kitchen et ballade dans Tiergarten

Je ne sais plus et c'était hier. J'ai finalement eu ma poutine à The Poutine Kitchen. Bof! Sérieux, le fromage en grain c'est un art et le goût de celui-ci ne m'a pas convaincu du tout. J'ai ensuite improvisé une petite ballade à vélo dans l'immense parc Tiergarten pas très loin d'ici.


05.07 Stockhausen

En avant Stockhausen. J'ai aussi fait une bonne pratique de violoncelle en après-midi. J'ai fini la lecture de IRL de Tommy Pico, vraiment un excellent recueil de poésie.


06.07 à voir!

Pour aujourd'hui, après avoir travaillé sur ce blog, il faut bien que j'aille manger. Et comme sortir de chez soi est toujours une source d'aventures, voyons voir ce qui peut se passer. Je suis dû de consulter le site echtzeitmusik pour savoir ce qui se trame en musique improvisée aujourd'hui et pour les jours à venir.

samedi 16 juin 2018

été 2018, jours 16-17-18-19-20-21-22-23-24-25/79

Oups je n'ai pas écrit depuis quelques jours et je n'ai rien noté.

Quelque part, dans un univers parallèle, il me semble, mon comptable (à Rimouski!) a fini ma déclaration d'impôts et il me reste à signer les documents. C'est moi qui donne au gouvernement cette année, j'espère que ce sera bien utilisé.

Au cours des derniers jours j'ai eu la visite de mes amis Wouter de Belgique et Louis-Frédéric de Montréal, anciennement Rimouski. J'ai fait un gros programme de tourisme alternatif pour Louis-Frédéric (et moi!). J'écris ceci au lieu d'aller au musée Pergamon, y'a toujours bien des limites.


07.05 spectacle de Manuel Roque


Cette fois mon blog devient un véritable article à lire sur le site neomemoire. J'ai travaillé pas mal fort sur ce texte et je suis assez content du résultat. Au cours des derniers jours, j'ai complété la lecture de Surfacing de Margaret Atwood et j'ai poursuivi ma énième lecture de Naked Lunch de William S. Burroughs. Je crois les reconnaître un peu dans ma traduction anglaise.


08.05 Critique biaisée #3 : Teufelssee 7.5/10


Description de l'idée des critiques biaisées : évaluer les 11 lieux où j'irai me baigner cet été selon des critères ouvertement absurdes tels la musique que j'écoutais en m'y rendant, les rencontres que j'y ai faites, la facilité d'accès du lieu, la beauté du paysage ou quelque chose du genre, la température ce jour là, la qualité de la baignade et de la plage, etc.

Je prends le S-Bahn et je n'ai aucun transfert à faire avant l'arrêt Heerstraße. J'écoute Stockhausen, la version pour trompette et orgue de Tierkreis. Pour la marche, Google indique 20 minutes mais je me doute que ce sera plus long. À partir de Heerstraße, c'est les applaudissements du début de Nirvana, Unplugged in New York qui me mettent en route. About A Girl, Come as You Are, Jesus Doesn't Want Me for a Sunbeam, The Man Who Sold the World, Pennyroyal Tea, Dumb – il y a des petits groupes de gens devant moi, des gens qui passent en vélo et en auto sur cette route qui ne mène qu'au lac, rassurant – Polly, On a Plain, Something in the Way, Plateau, Oh, Me. Enfin rendu.

Le lac n'est pas très grand, il y a un petit quai flottant en plein milieu, des gens rassemblés dessus. L'eau est un peu froide mais bonne pareil. Il y a beaucoup de monde mais ça ne se sent pas. Il n'y a pas vraiment de plage, plutôt plusieurs ouvertures sur le lac. Les gens de tous âges sont installés un peu partout sur un grand terrain découpé de morceaux de forêt. La madame à côté de moi surveille mes affaires pendant que je vais nager. Je lis pas mal.

Je quitte vers 20 h alors qu'il fait encore très clair. La marche du retour est encore plus longue, une quarantaine de minutes, je pense à la petite boulangerie dans l'entrée du S-Bahn et son deal sur les sandwiches. Je finis d'écouter Unplugged et me concentre sur Let Me Hang You, l'excellent album de lectures de William S. Burroughs avec Bill Frisell (guitare), Eyvind Kang (violon), Wayne Horvitz (piano), King Khan (co-prod?), M. Lamar (voix), The Frowning Clowns (garage punk).

En conclusion, Teufelssee est le meilleur lac visité à date. Il y a beaucoup de gens et on s'y sent bien, il fait beau. Sa note serait pas mal plus élevée avec un lift entre l'arrêt de métro et l'entrée du site, surtout après avoir chillé au soleil et nagé pas mal.


08.05 soirée : TheOTHERLab au Café Futuro


En revenant, serviette humide dans mon sac, je m'arrête au Café Futuro pour y découvrir TheOTHERLab, un spectacle de trash drag comme il ne s'en fait qu'ici. Je revois des amis, Vincent et Musty Stache, par hasard, mais je n'irai pas veiller avec eux jusqu'aux petites heures. Le Café Futuro est situé juste à côté de l'appartement où j'ai habité pour la majeure partie de l'année 2015-2016. Je revois sa devanture, je mange une sandwich soudanaise à mon spot préféré au coin de la rue. Des choses changent, d'autre restent pareilles.


09.05 soirée : aller rejoindre Wouter + clubbing au Schwuz


Mon ami Wouter, de la Belgique, rencontré ici en 2015-2016 est en ville! Après avoir eu un peu de difficulté à se joindre, je vais le rejoindre chez les amis où il est hébergé. On bois un peu de vin blanc cheap, il faut vraiment chaud, puis on sort à Pop Kicker, une soirée au Schwuz. Je n'aime pas tellement la musique et l'ambiance de Pop Kicker mais je suis super content de revoir Wouter après 2 ans. Un vrai ami, comme si on s'était vu hier.


10.05 Euhhh


J'écris ceci une semaine plus tard et bien honnêtement, aucune idée de ce que j'ai fait dimanche le 10 juin. Je relis des conversations facebook et il semble que j'ai passé entre autres pas mal de temps sur mon texte pour neomemoire. J'étais supposé revoir Wouter mais ça n'a pas adonné.


11.05 soirée : arrivée de Louis-Frédéric, karaoké au Monster Ronson's


Louis-Frédéric a chanté je ne sais plus quelle toune qui a fait quitter tout le monde hahah bien joué. J'ai fini la soirée très tard, peut-être vers 4:00 AM, avec Champagne Supernova de Oasis en compagnie de Louis-Frédéric et trois personnes de Londres, il me semble, rencontrés au hasard.


12.05 après-midi : Session avec Céline


J'ai rencontré Céline lors de la série de concerts à Kühlspot à laquelle j'ai assisté. On rencontre parfois quelqu'un comme ça, dans un évènement, on discute, on se dit qu'on devrait jouer ensemble un de ces quatre, et finalement rien ne se passe. Mais cette fois, oui. Et c'est une bonne session, la rencontre violoncelle et piano pose plusieurs défis qu'on explore de plusieurs façons. À refaire!


12.05 soirée : visite au Klunkerkranish et Weeeirdos au Loophole


Il y avait un show au Klunkerkranish mais nous avons préféré nous rendre au Loophole après avoir profité de la vue sur le skyline bien particulier de Berlin qu'offre Klunkerkranish, un bar situé sur le toit du stationnement intérieur à étage du gros centre d'achats de Neukölln.

À l'évènement de Weeeirdos au Loophole, nous arrivons à temps pour Sorrelle et Adore Adore, deux présentations solo qui reposent sur la danse en intégrant projection vidéo et poésie. J'aime voir la danse contemporaine placée et appréciée telle un show de musique expérimentale : les looks des gens dans l'assistance, les murs, l'espace, l'éclairage, tous les signes extérieurs d'un show de musique, et soudainement c'est de la danse. La soirée se termine avec Godmother, un duo voix, synthé avec une drag queen au saxophone. Très lo-fi, très bon. Mention spéciale à la personne qui faisait du traitement vidéo live tout au long de la soirée, vraiment hot. 


13.05 : pratique solo et lecture de Louise


Une journée à pas faire grand chose sauf une bonne pratique de violoncelle. Ensuite, je vais voir mon amie Louise Marquise qui lit son projet « Lettres d'une fille à son père » à Ludwig. Vraiment vraiment étrange d'être sur une rue de Berlin et soudainement comprendre tout ce qui se dit autour de moi. Et pendant. Louise lit ce qui semblent être des pages de journal intime qui parlent de son père, qui a passé beaucoup de temps à l'hôpital avant de décéder. Une des meilleures lectures auxquelles j'ai assisté. Louise est vraiment une bonne lectrice, elle tient son auditoire comme ça, sans micro, avec des changements dans la voix et l'expression sans que ce ne soit théâtral ni pathos.


14.06 après-midi : Session avec Gerhard


Gerhard est venu me rejoindre chez moi. Au lieu d'apporter son violon, il avait apporté un mélodica. Nous nous sommes rendus à son local de pratique et nous avons fait un duo de feu!


14.06 soirée : Essaie pas au Berghain


Marie et Pierre de Essaie pas ont donné un show vraiment bon à Säule, la nouvelle petite salle du Berghain. Ça cognait! Ensuite il y avait un show de noise avec un.e chanteur.euse qui disait « fuck you » et se jetait dans le monde. Ensuite une DJ Française incroyable. On est sorti de là vers 5:30 AM je crois bien.

15.06 début d'après-midi : Rencontre avec une future coloc


Je dois me trouver un appart. pour le mois de juillet. Aujourd'hui j'ai rencontré Andrea et son fils de 10 ans, je pense, chez qui je vais probablement habiter du 1er juillet jusqu'à mon départ. J'ai vu son annonce sur un site de recherche de colocation et je me suis dit que ça serait vraiment bien d'essayer un autre Berlin.

Je continue avec cette théorie selon laquelle il y a autant de points de vue sur une ville que de personnes qui y habitent. Par exemple, mon expérience de Québec est complètement différente de celle de quelqu'un qui habite à deux rues de chez moi et qui a un emploi du temps différent. C'est ma théorie, plus marquée peut-être à Montréal, que j'ai ressentie de façon tellement différente quand j'y ai habité le quartier Villeray à l'été 2015 que pendant les 8 ans de mon petit appartement de Centre-Sud. Sortir, voir la rue. Choisir le café le plus proche, la ligne de métro ou de bus, les gens qu'on y voit.

J'habiterai donc fort probablement le quartier Charlottenburg à Berlin pour la deuxième partie de ce séjour. Le quartier se trouve du côté nord-ouest de la carte de Berlin et j'ai toujours habité les quartiers du sud-est : Kreuzberg, Neukölln et maintenant Treptow. À première vue, c'est effectivement complètement autre chose. Très propre, très beau au sens conventionnel du terme, je suis près de la rivière, près de Tiergarten, près d'une ou plusieurs universités majeures. Il n'y a cependant pas de dépanneurs, de fast-foods, de boulangeries et de cafés à tous les coins de rue.

Andrea et son fils ont l'air très cool (elle portait un t-shirt de Sisters of Mercy). L'appart est grand et ils sous-louent cette chambre à court-terme depuis plusieurs années. Andrea aime exposer son fils à d'autres cultures, etc. Je me donne la journée pour y penser. 

15.06 fin d'après-midi : Au hasard à Schöneberg


En partant de Charlottenburg, j'ai pris le métro un peu au hasard et j'étais sur la ligne vers le café Romeo und Romeo (quel nom...) dans Schöneberg. J'y ai passé quelques heures avant de prendre l'autobus vers un magasin de skate. J'ai besoin d'une nouvelle paire de jeans noires. Dans l'autobus, j'ai eu la surprise de passer devant plusieurs des éléments emblématiques de Berlin : Tiergarten, la Siegessäule, le zoo, la porte de Brandebourg, la cathédrale, etc. Comme mon magasinage de jeans a été infructueux, ce sera pour une autre fois, une autre occasion de me rendre dans un autre lieu.

15.06 soirée : TheOTHERLab à Café Futuro + clubbing au Schwuz


Le show de trash drag queen TheOTHERLab au Café Futuro était particulièrement random! Une queen fait une narration queer d'un extrait de film du National Geographic sur je ne sais plus quelle espèce de poisson. Une queen fait un stand-up complètement déconnecté, qui commence par son expérience de harcèlement de rue pendant un trip de LSD et qui finit par la morale suivante : même si c'est tentant, il faut se retenir de péter sur ceux qui nous oppressent, et quand on retient nos pets comme ça ils prennent l'odeur du parfum Chanel. L'autre queen fait un numéro incompréhensible avec support vidéo, elle rencontre un génie à qui elle fait le souhait d'être populaire. Et pour conclure, ma préférée, Olympia Bukkakis, qui est maintenant une légende à Berlin – j'était un régulier de sa soirée hebdomadaire à The CLUB avant que les choses ne changent : The CLUB est devenu poche et a fermé peut-être, Olympia pendant ce temps fait une maîtrise en danse et fait moins de scène. Elle nous livre un texte assez théorique, de dos avec un voile de mariée sur lequel est projeté un film de fumée, puis un lip synch duquel on ne peut pas détourner les yeux.

Ensuite, on croise mon ami René devant la place de sandwich soudanais. Puis on va à Hot Topic à Schwuz. Trois pistes de danse, d'un côté Justin Bieber, Rhiana, Jennifer Lopez. De l'autre, Nirvana, Elastica, System of a Down, As I Lay Dying. J'ai mal dans le cou. Si j'ai bien compris, tous les profits de la soirée de ce gros club vont à une cause qui change à chaque édition de Hot Topic. On est sorti de là vers 4:30 AM je crois bien.


16.06 J'écris un blog avant de tout oublier


Louis-Frédéric repart demain très tôt alors il n'y aura pas de gros party ce soir. Pour ma part, il faudrait bien que j'aille à l'épicerie (voeu pieux) car demain, dimanche, tout sera fermé.

jeudi 7 juin 2018

été 2018, jours 14-15-16/79

Ce soir, je suis l'invité de l'attachée culturelle du Québec à Berlin. Voici comment c'est arrivé, mais avant, les péripéties du quotidien et un début de réflexion sur la culture du temps.

Culture du temps, temps de culture

Je suis arrivé ici en famine culturelle. Les évènements ne manquent pas à Québec, et j'assiste régulièrement à toutes sortes de spectacles, soirées, lectures, en plus d'en organiser, mais en débarquant de l'avion à Berlin je savais déjà que mes prochaines soirées allaient toutes se passer dans des concerts. Il faut dire que l'offre ici est plus que décuplée, avec de la haute voltige tous les soirs, particulièrement du côté de la musique improvisée. C'est motivant. Il faut dire aussi que je n'ai que ça à faire; j'ai du temps.

Mais tout le monde a du temps ici on dirait. Je vois tant de personnes déambuler dans la rue, pas plus pressés que ça. Les cafés, les petits restos, les boulangeries avec quelques tables, les bars grands comme ma main comme les clubs géants, les parcs, les viaducs au dessus des rails de S-Bahn, les petits ponts qui traversent la rivière Spree, tous ces endroits recouvrent littéralement la ville; les commerces occupent tous les rez-de-chaussée de tous les immeubles de part et d'autre des rues, les rambardes et les bancs s'accumulent, usés de tant de temps humain investi à ne « rien faire ». J'exagère à peine. Les laptops et leurs humanoïdes connectés sont très rares dans les cafés, où l'on va plutôt entre ami.e.s pour jaser. Et tous ces endroits de l'espace commun, commerciaux ou non, sont bien remplis, à toute heure du jour et de la nuit.

Flashback Québec. Je vois le café Nektar rempli de gens qui travaillent à l'ordinateur, les artères principales traversées rapidement pour se rendre du point A au point B. Il semble qu'on doit avoir une raison, possiblement reliée au travail, une commission à faire, un but précis, pour occuper l'espace public au Québec. Peut-être que le climat, le gel la moitié de l'année, nous conditionne. Peut-être que la disposition des commerces, tous concentrés aux même endroits, détermine la vitesse de notre pas. Peut-être que l'architecture urbaine, carrée et lisse, nous oriente et nous indispose sans le savoir. Question de culture? Et si tout le monde fucking ralentissait.

Retour à Berlin. Dans le cercle de la musique improvisée, il est assez commun de s'inviter à des sessions, c'est-à-dire de réunir 2-3 musicien.ne.s et créer ensemble, sans qu'il y ait un projet de concert ou d'enregistrement à venir. J'ai moi-même fait une session avec Klaus Kürvers (contrebasse) et Philippe Lemoine (sax tenor) l'autre jour, je fais une session avec Céline Voccia (piano) la semaine prochaine, je planifie une session avec Ulf Mergensen (contrebasse) et peut-être Eric Bauer (électroniques) très bientôt. Note à moi-même, qui trouve toujours que je n'en fais pas assez : ça fait à peine deux semaines que je suis à Berlin.

Flashback Québec. Je n'ai jamais vu ça ici, une session. Ah oui peut-être une fois en 2007-2008 avec Charity Chan (piano) et Lori Freedman (clarinettes) à La Brique dans le temps que j'y avais un local à Montréal. Il semble qu'il faut organiser un concert pour qu'une occasion de jouer ensemble se présente. C'est moi? Je plaide coupable. C'est nous? Aussi. Où est le temps? Nous faisons une musique de l'instant, mais qu'en est-il de la spontanéité de nos rencontres? Est-ce que ce sont les espaces où c'est possible qui manquent?

Théorie : disons que 0,5% de la population a ce temps dont je parle, le temps d'aller chiller dans un parc après avoir écouté tous les épisodes de Orange is the New Black sur Netflix (c'est bien ça que les gens font ces temps-ci?). À Québec, communauté urbaine de 807 200 personnes sur 3340 km^2, ça représente 4000 personnes; à Berlin, secteur urbain de 4 100 000 personnes sur 1 347 km^2, ça représente 20 000 personnes. Bonne piste. Mais ça n'explique pas tout. Enfin, peut-être que 20 000 personnes qui chillent seraient assez pour donner l'exemple et changer toute une société.

Je continue donc à explorer les différentes avenues du temps berlinois. Je demande aux gens comment ils occupent leurs journées, leurs semaines, comment ils font pour arriver et avec la disponibilité d'investir du temps de culture.

04.06 Chanter du Marjo dans un karaoke à Berlin


Critique biaisée #1 : Grunewaldsee 2/10

Description de l'idée des critiques biaisées : évaluer les 11 lieux où j'irai me baigner cet été selon des critères ouvertement absurdes tels la musique que j'écoutais en m'y rendant, les rencontres que j'y ai faites, la facilité d'accès du lieu, la beauté du paysage ou quelque chose du genre, la température ce jour là, la qualité de la baignade et de la plage, etc.

Description de mon parcours en direction de Grunewaldsee : Wayne Shorter dans mes écouteurs, une heure de transport + marche très facile et agréable. Description des lieux : belle forêt. Expérience de la place : ce qui aurait dû être la plage selon le site internet que j'ai consulté est finalement un parc à chien. Extension à tout le territoire de Grunewaldsee, que des gens avec des fucking chiens. Surprenant de ne pas y voir de crottes de chien nulle part par contre. La baignade était bonne mais aussitôt que j'ai sauté à l'eau la « plage » s'est rempli de #gens avec leurs chiens, un chien a mangé ma bouffe! et c'était pas super. Un autre baigneur, avait l'air sympathique mais je lui ai parlé et il n'était pas réceptif.

[mettre une photo ici]

Critique biaisée #2 : Halensee 5/10

Environnement urbain : en plein à côté d'une artère principale, le vrombissement des moteurs en permanence. Bonne ambiance, très tranquille avec plein de gens qui se font bronzer sur l'herbe. C'est un parc avec un peu de relief (parler du fait que le relief est rarissime à Berlin, ville plane), les gens sont dans la côte. On se sent assez safe pour que plusieurs laissent tous leurs effets personnels sans surveillance pendant qu'ils vont nager (pas moi, mon passeport). L'eau était bonne. Facilité d'accès vraiment, à condition de trouver l'arrêt de bus mal indiqué sur ma carte. Bus direct à deux étages, une heure jusqu'à chez moi, à la porte.
Plusieurs baigneurs, échanges de sourires.

Surprise, mon amie la poète Natasha Kanape Fontaine est en ville

Je l'amène au Monster Ronsons Ichiban Karaoke et on se rend compte qu'il y a du Marjo dans les choix. Description de la soirée On chante jusqu'aux petites heures. J'ai aussi fait Cash City de Luc de la Rochellière. Et Drama de L7.

05.06

Pratique de violoncelle. Je suis allé voir la lecture de Natasha à Ratatouille, espace culturel francophone à Berlin. J'y revois Jennifer Dummer que je trouve très cool, amoureuse de la culture québecoise et qui fait beaucoup de travail pour la diffuser à Berlin. Souper de dignitaires avec Josephine Bacon, etc. J'y rencontre Sonja, une traductrice qui vit le 2/3 de l'année à Gatineau et le reste du temps à Berlin : dans mes contacts sur mon cell. J'y rencontre la responsable de l'Antenne de Québec à Berlin. Dire c'est quoi.

Show de drag au Monster Ronson's, suivi d'un fantastique DJ. Tout le monde danse, personne assis sauf au fumoir. Right on.

06.06

Pratique de violoncelle. Le burger mangé chez Lily Burger Neukölln, un gros wow. Manqué perdre mon téléphone en buvant un thé au Ludwig. Réflexion sur le téléphone. Le téléphone dans ma vie : spontanéité des déplacements, organisation, etc. Le téléphone chez les berlinois.e.s : les gens s'en servent pour parler au téléphone (!).

07.06

Épicerie. Blogue. Écouter du Sonic Youth. Aller récupérer mon téléphone au Ludwig (avait été avalé par le fauteuil, sympathique propriétaire m'a contacté hier soir tard). Aller voir Manuel Roque, chorégraphe de Montréal, à Potsdam, le Laval de Berlin.

Go!


lundi 4 juin 2018

été 2018, jours 10-11-12-13/79

Aujourd'hui 04.06


J'ai fait des toast dorées et on a déjeuné entre colocs, Achim et moi. Yé!

Je suis tombé sur un site internet qui liste onze endroits où aller nager à Berlin et j'ai décidé de tous les faire, dans l'ordre donné sur le site, d'ici la fin de l'été. Je me prépare donc à aller à Grunewaldsee, un lac naturel du côté ouest de la ville. Jus d'orange dans mon sac, serviette, je vais me ramasser une sandwich et peut-être un chapeau quelque part en partant.

Ce soir il y a un concert solo de Elliott Sharp (guitare) sur un film de 90 min.. Il y a aussi un concert avec plusieurs artistes internationaux dont Ignaz Schick (table tournante), que j'aime beaucoup. Et d'autres affaires, faudra choisir.

Hier 03.06


Brunch du dimanche chez Christoph, à l'invitation de Flatter. On était une douzaine, c'était très cool, la moitié du monde travaillait pour Die Linke, le parti de gauche de l'Allemagne. Une table couverte de victuailles (évidemment presque tout le monde est vegan) dans le salon de trois colocs sur Frankfurter Allee.

10 points si vous savez à quoi je pensais en prenant cette photo dimanche matin au S-Bahn Plänterwald 
Ensuite on chill au parc avec Flatter, deux Mexicains Oscar et Carlo en échange universitaire et un Portugais dont j'ai de la misère à prononcer le nom João, tous vraiment smattes. On jase culture, politique, de tout et de rien.

Souper dans un squat. Il y a un listing de tous les squats de Berlin sur internet, et plusieurs font de la bouffe collective, végane, etc. et annoncent leurs repas là dessus. Soit ils l'offrent ou vendent pas cher. Je ne savais pas à quoi m'attendre mais finalement pour 2,50€ on a eu un plat de nouilles, tofu, légumes vraiment bon et un dessert de pudding au riz avec des fruits encore meilleur, le tout dans un endroit qui avait beaucoup plus l'air d'un resto régulier que d'une dompe... tout l'effort d'organisation que ça doit prendre pour faire fonctionner ça en marge de la société m'impressionne. Il y a toute une culture et une histoire punk à Berlin, des gens qui occupent des immeubles complets, non sans tension avec la police, depuis plusieurs plusieurs années, et qui sont très bien (anarcho)organisés(?).

Concert dans un sous-sol (il fallait écrire un email à l'organisation pour avoir l'adresse). Excellent concert, une trentaine de personnes sur les lieux, tout le monde très attentifs comme d'habitude. Anecdote : c'est le sous-sol du bloc appartement où habite Stefania, la danseuse avec qui j'avais mon projet Piolet-Traction en 2015-2016. Quel adon, je l'ai croisée en arrivant!

Kurt Ralske (sax soprano)
Andrew Lafkas (contrebasse)
Hannes Buder (violoncelle)
///
Kamil Korolczuk (lecteur cassette, électroniques)
Eric Wong (guitare)
Philippe Lemoine (sax tenor)
Eric Bauer (synthé analogue, objets)

J'ai rencontré un Américain au concert, Keith, vraiment vraiment smatte! Il était de passage pour une conférence avec son université (une de ces universités alternatives américaines), je lui ai fait un parcours non-touristique de Neukölln de nuit, il fait de la musique aussi. Les hasards du voyage!

Avant-hier 02.06

J'ai passé pas mal toute la journée à l'appart., j'étais dû. J'ai fait l'épicerie lavé le plancher, Achim était pas là, j'ai niaisé pas mal, parfait. En passant, pour 14€ : pain, lait (coco), oeufs (10, poules en liberté), fromage (grosse brique), nutella (faux), confiture, nouilles, sauce à spag, 3 piments, jus de pomme nature.

Une première épicerie dans une colocation pas strictement vegan,
ça veut dire les premières toast dorées du voyage

J'avais besoin d'une ceinture. Critères : noire, pas en cuir, pas avec une grosse boucle, pas trop mince. Je suis entré au Humana (genre de Village des valeurs) et j'ai trouvé exactement ça, pour 1€.

Enfin un concert poche! Si c'est bon tout le temps, c'est que je n'ai plus de jugement. Alors voici que je me pointe au Maze, un très très beau bar, très sombre, avec des divans (propres) partout, éclairage minimal, projections abstraites sur les murs, on devine des oeuvres d'art en métal. J'étais là parce que j'avais vu qu'il y aurait du noise, du violoncelle et des suspensions. C'était annoncé pour 20 h, ç'a commencé à 22 h 15 (ghhhh, come on). Premier set : violoncelle solo complètement inintéressant, le gars fait le même rythme un peu platte du début à la fin, tient son archet tout croche si bien qu'il pète la moitié des crins, joue presque uniquement en cordes ouvertes (non!) mais un moment donné il fait quelque chose qui sonne vraiment bien avec une cymbale contre les cordes, à voir. Deuxième set : duo de noise assez peu intéressant aussi, à mon avis, quoique un des gars utilisait un dispositif qui réagissait à la lumière, j'ai aimé voir sa lumière clignotante blanche, sa lumière de vélo rouge, sa mini boule disco et leur rendu sonore. Troisième set : duo de noise encore une fois assez poche, avec le « show » de suspensions. Je m'attendais à voir des gens qui se rentrent des crochets dans la peau et se suspendent, immobiles et fragiles au-dessus du sol. J'ai déjà vu ça et c'est très impressionnant. Là c'était une genre de fille gothique sexy avec la fille butch en arrière qui lui enfile des cordes autour du corps, façon bondage, avant de la suspendre dans les airs. Bof. Aucun risque, et le tout assez sexiste, même si c'est dans l'optique d'un collectif de suspension, bondage, féministe. En tout cas, je suis parti avant la fin!

Le set-up que tu observes pendant une heure alors que le concert ne vient pas à bout de commencer.
Coin supérieur gauche : l'anneau pour la suspension. À droite : table typique de show de noise.
Anecdote : Je m'en viens un peu trop confiant avec le système de transport en commun. En partant du show platte au  Maze, je me dirige dans la direction opposée d'où j'étais arrivé, me disant qu'il y a peut-être quelque chose de plus intéressant en chemin. Rien. [NDLR : Rien, sauf genre 4 bars et 6 restos, plus d'une centaine de personnes croisées en quelque 200 m]. J'arrive à la station Platz der Luftbrücke, que je reconnais mais que je n'ai pas visitée souvent. Je regarde ça, parfait le U-Bahn qui passe là va me mener à la station Tempelhof. Rendu à Tempelhof je pense être rendu chez moi, je sors, je ne reconnais rien. Et voilà, j'habite Treptower Park, pas Tempelhof, oups. Les noms se ressemblent pourtant! On cite Judy Quinn? « Combien de tels endroits existent / les mêmes prénoms à l'infini ». Pas grave les deux stations sont connectées par une ligne de S-Bahn. J'attends donc le S-Bahn, c'est la nuit rendu là. Il y a beaucoup de gens comme toujours et après un quart d'heure d'attente, mon train est annoncé pour dans cinq minutes. Arrive un train, je ne regarde même de quel parcours il s'agit, mon train arrivera dans cinq minutes, non? Le train repars, et je me rends compte que c'était le mien et que le prochain est dans 20 minutes. Re-oups! Alors je retourne sous la terre pour prendre un U-Bahn vers Hermannplatz, je sors et je prends mon amie la bus de nuit N94 qui m'apporte direct chez moi.

Note : il y a un parcours d'autobus direct de Platz der Luftbrücke à chez moi, le trajet qui m'a pris un peu plus d'une heure aurait pu me prendre 20 minutes max.

Note : belle démonstration de l'efficacité du système de transport en commun ici, pour qui sait s'en servir. Malgré mes erreurs, à aucun moment j'ai senti que j'allais rester pris quelque part, que j'allais être obligé de marcher une heure, que j'allais devoir retourner sur mes pas. Aucun stress. J'ai juste continué à tracer un arc de cercle en connectant les stations jusqu'au point B.

Note : ce jour-là, j'avais décidé de redonner une chance à l'album The Flowers of Romance de Public Image Ltd. Quand même sur la liste des albums préférés de Kurt Cobain. [NDLR : Un petit google pour m'assurer de l'orthographe et je me rends compte que Flowers of Romance est aussi le nom d'une série de parties synth wave minimal wave postpunk à Berlin, tiens donc. « les mêmes prénoms à l'infini ».]  J'ai eu la chance de l'écouter au moins trois fois au complet grâce à mes (més)aventures.

Avant-avant-hier 01.06


J'ai été prendre une marche dans Treptower Park à côté de chez moi. C'est énorme et beau.

J'ai joué avec Klaus Kürvers (contrebasse) et Philippe Lemoine (sax tenor) chez Klaus. Première session avec le violoncelle rouge, très bien!

Il a plu un peu, j'ai été boire un café au k-fetish.

Après avoir déposé le violoncelle à l'appart, j'ai été rejoindre Achim, Saphira et d'autres à la Galerie Studio St. St., mieux connue sous le noms de chez Juwelia, la drag queen qui est là, tout le temps, depuis des années. Elle a chanté, avec sa vraie voix de tête qui casse un peu, des compositions un peu jazz accompagnée d'une trame préenregistrée. Elle a un charisme incroyable. J'ai acheté son CD et je pourrai revivre ce moment une autre fois.