samedi 10 octobre 2015

À la recherche d'un violoncelle. J'ai un coloc. J'apprends l'allemand. Qui est Berlin?

Petit samedi matin tranquille, il faut beau soleil dehors mais la fraîche a définitivement pogné.

J'ai généré ce graphique : température à Berlin entre mon arrivée le 21 septembre et hier le 9 octobre 2015
À noter : il faisait vraiment plus froid la nuit que le jour mais on dirait que c'est en train de changer
Aujourd'hui, il y a une grosse manifestation à Berlin contre TTIP et CETA. Je ne sais pas de quoi il s'agit, on m'a dit que les gens protestaient entre autres contre un accord de libre-échange avec le Canada. Oups? En tout cas, il y a des affiches partout dans la ville, vraiment partout. Je pense que ça va être gros. Je vais suivre la manifestation sur Twitter et en profiter pour m'informer.

MISE À JOUR : il est maintenant 14:25 et les organisateurs estiment qu'il y a 250 000 personnes à la manifestation.

À la recherche d'un violoncelle


J'ai été à plusieurs concerts la semaine passée! J'ai hâte de jouer, j'ai besoin d'un violoncelle et vite. Je pense que le email ce n'est vraiment pas la façon de fonctionner ici, je prends quelques notes de ma recherche de violoncelle. Mot clé : Geigenbauer (luthier).
  • J'ai envoyé deux emails à Jakob Motter, luthier. C'est lui qui m'avait loué un violoncelle en 2008. Pas de réponse. Pas d'heures d'ouverture sur le site, je suis passé devant hier vendredi le 9 octobre vers 16 h 45 et c'était fermé.
  • J'ai ajouté Julia Dimitroff, luthière, sur facebook et je lui ai envoyé deux messages hier soir. Elle m'a ajouté mais n'a pas lu mes messages encore. [Oh! Voir la MISE À JOUR plus bas]
  • Je me suis joins à quelques groupes facebook de vente d'instruments et de réseautage de musiciens à Berlin. Quelqu'un avait demandé où trouver un violoncelle et j'ai envoyé un message facebook à l'une des personnes qui lui avait répondu qu'elle avait de l'information.
  • Je me suis inscrit sur le plus gros site de petites annonces. C'est leur version de kijiji, mais hébergé par ebay. Il y a donc le logo de ebay mais ça n'a rien à voir. Sur ce site, j'ai échangé quelques messages avec deux personnes qui vendaient des violoncelles.
  • J'ai aussi trouvé le site de petites annonces QUOKA.de et j'ai contacté deux personnes par là aussi.
  • J'ai envoyé un email à Matthias N. von Wallbrunn, luthier. Pas de réponse. Pas d'heures d'ouverture sur le site.
  • J'ai envoyé un email à Janine Wildhage & Christophe Landon, luthiers. Pas de réponse. Ouvert lundi*, mardi, vendredi.
  • J'ai envoyé un email à Michael Frick, luthier. Pas de réponse. Ouvert du mardi au vendredi mais il me semble n'avoir que des contrebasses.
  • J'ai envoyé un email à Markus Scherschel, luthier. Pas de réponse. Ouvert du mardi au vendredi.
  • J'ai envoyé un email à Bastian Muthesius, luthier. Il m'a répondu qu'il n'avait pas de violoncelle 4/4 disponible présentement.
Je suis étonné d'avoir aussi peu de réponses, moi qui suis habitué d'envoyer un email et d'avoir une réponse dans les 24 h. Je suis d'autant plus surpris sachant que j'annonce dans mes emails que je suis un violoncelliste sérieux qui veut louer (et donc payer tant par mois). Ça va me prendre un numéro de téléphone.

Ce matin je poursuis les recherches, en passant cette fois directement par google maps. Je trouve des places intéressantes! Je pense que ça va se régler la semaine prochaine tout ça. En ordre de préférence, plus ou moins :

  • Daniel Kogge & Yves Gateau, luthiers. Pas certain qu'ils font de la location. Ouverts du lundi* au vendredi.
  • Florian Friedrich Lehman, luthier. Superbe inventaire, si j'en crois les vieilles photos sur le site. Ouvert du lundi* au mercredi, puis le vendredi.
  • Hayn & Hayn, luthiers. Pas certain qu'ils font de la location. Ouverts du mardi au vendredi.
*Je vais là lundi à la première heure
  • ...

MISE À JOUR : Alors que j'écrivais ceci, Julia Dimitroff, luthière, m'a répondu. J'ai rendez-vous avec elle lundi en début de soirée. J'interromps donc les recherches pour l'instant.


J'ai un coloc


J'ai vu sur facebook que quelqu'un perdait son appartement bientôt et s'en allait habiter à l'hostel en attendant de se trouver quelque chose. Je me suis dit, attends peu, s'il est prêt à aller partager une chambre avec 16 personnes, il est peut-être prêt à partager un appartement à deux avec moi. On s'est rencontré de bon matin cette semaine et il m'a fait une bonne impression.

Alors voilà, ça fait 2 jours qu'on partage l'appart à deux. Ça va me faire sauver près de 400€ (550$) s'il reste jusqu'à la fin novembre. À ce prix là, sachant que je suis tombé sur quelqu'un de fiable, toujours de bonne humeur et toujours parti (comme moi), c'est une méchante bonne affaire.

On est tous les deux au courant et sensibles au fait qu'on s'impose un bon défi. L'appart est grand pour un 1 ½ mais ça reste un 1 ½ pareil! En tout cas, je pense que les deux ça nous convient. J'ai calculé ça et ça nous revient à moins de 7€ par nuit chacun. Je suis donc passé de quelque chose qui dépasse mon budget à quelque chose de plus bas que le plus bas que j'espérais payer. De retour aux prix de Rimouski, moins l'intimité.

Au fait, je rencontre quelqu'un mercredi prochain pour sous-louer son appart pour décembre et janvier. Je pense que c'est dans la poche. J'ai négocié ça à 300€ par mois.

J'apprends l'allemand


Je me suis inscrit à des cours d'allemand pour les quatre prochaines semaines, c'est fait. J'ai été à une heure d'essai gratuite et j'embarque. Ça va être un bon défi, pas tant pour l'apprentissage car la prof m'a semblé vraiment super, mais pour l'ambiance. Me voilà de retour parmi des étudiantes et étudiants typiques : tout le temps perdus, n'ont pas écouté les directives, ne savent pas à quelle page on est rendu, se parlent entre eux et ricanent pendant les explications, n'ont pas fait leurs devoirs... On dirait bien que c'est universel de se tirer dans le pied en contexte d'apprentissage.

Il s'agit d'un cours d'allemand intensif, 5 jours par semaine, 4 heures par jour. J'embarque alors que la session est déjà commencée. Parfait. Je suis dans le niveau A2. Je déciderai après ça si je souhaite continuer, le prochain niveau est B1 et rendu là ça commence à aller plus loin que la compréhension et l'expression de base.

Ça vient de changer la donne dans mon agenda! Je passe de « libre tout le temps » à « occupé tous les après-midi de semaine ». Ça va valoir la peine, il faut savoir parler allemand ici. Si c'est vrai que la plupart des allemands se débrouillent bien en anglais, c'est tellement plus intéressant de comprendre ce qui se passe et participer aux discussions.

Qui est Berlin?


Cette semaine, j'ai écouté trois documentaires sur le mur de Berlin. Je commence à comprendre ce qui s'est passé.


Je suis en train d'écouter ça!

Aujourd'hui, j'ai enfin ouvert la page wikipedia de Berlin, pour la première fois. Ça fait plusieurs mois (années?!) que je me demande à quelle point il s'agit d'une grande ville, mais que j'oublie tout le temps de vérifier. J'apprends maintenant qu'il y a 3,5 millions de personnes à Berlin, soit à peine plus que le grand Montréal. La ville me semble définitivement plus populeuse que ça! La liste (très partielle) de luthiers plus haut est un bon exemple : pour une population semblable, Montréal ne compte que cinq ou six luthiers.

À ma connaissance pratique et « sensorielle » de Berlin commence donc à s'ajouter un peu d'informations historiques et démographiques.








samedi 3 octobre 2015

Célébrations

Aujourd'hui, le samedi 3 octobre 2015, l'Allemagne célèbre 25 ans de Wiedervereinigung (Wieder = encore une fois, ver = ?, ein = un, Einigung = unification), ce qu'on appelle en français la Réunification allemande. Selon ma compréhension -- très restreinte -- de la chose, c'est le 3 octobre 1990 que la République démocratique allemande (RDA) et la République fédérale allemande (RFA) sont officiellement devenues une seule entité. J'ai vraiment honte de ne rien savoir de tout ça. Qu'est-ce qu'on a appris dans nos cours d'histoire au secondaire et au Cégep? Avec un DEC en sciences humaines, il me semble que je devrait savoir tout ça. En tout cas, aujourd'hui on m'a dit que tout était fermé en Allemagne car c'est férié. Vive l'Allemagne réunifiée(?)!

Neukölln


J'ai quant à moi aussi quelque chose à célébrer : un appartement! Enfin, pour les deux prochains mois. Je suis arrivé hier soir et j'ai presque fini de défaire mes bagages. Je sous-loue l'appart d'un gars super cool dont le contact m'avait été donné par la WG que j'ai visitée et qui n'a pas fonctionné. C'est un genre de 1 ½ avec une petite pièce cuisinette. C'est un peu au-dessus de mon budget, mais ça va aller, ça vaut vraiment la peine pour avoir la tranquillité d'esprit d'un appart tout seul dans un super quartier. J'installe donc ma base ici pour les deux prochains mois.

Mon appartement, au milieu de l'après-midi.



Et en avant la correspondance :

Rémy c/o Gross
Fontanestraße 30
12049 Berlin
Deutschland

*La partie "c/o Gross" est très importante parce qu'ici, bien souvent, les appartements ne sont pas identifiés par numéro, mais bien par le nom de la personne qui habite dedans. Pour me joindre, il faut donc envoyer à Rémy dans l'appartement de Gross (le nom de famille de mon sous-locateur).

Du haut de mon balcon,
j'ai l'impression d'être le roi
de la Fontanestraße

L'appartement est situé dans le quartier Neukölln, un quartier dont on m'a dit beaucoup de bien et que j'apprendrai à découvrir bientôt. Jusqu'à date, je perçois qu'il s'agit d'un endroit en pleine effervescence. Voisin du quartier Kreuzberg, il a en absorbé au cours des dernières années une partie de l'offre culturelle alternative débordante. Les cafés, bars, librairies, petits restaurants et autres côtoient de grands parcs. La population est multiethnique au possible, on voit autant de grands blonds aux yeux bleus que de femmes arabes portant le hijab.

En passant, je regarde d'ici le débat canadien autour du niqab et je trouve ça d'un ridicule consommé. Je croise des femmes en niqab presque tous les jours ici à Berlin et tout le monde s'en fout. Si ça surprend au début, on s'habitue à les côtoyer car elles font partie de la population active : elles sont dans le métro, au centre d'achat, au parc... Je pense que le berlinois moyen dévisagerait probablement plus une jeune américaine en mini-jupe avec le string qui dépasse (ce qu'on ne voit pas ici) qu'une femme qui porte le niqab dans le métro avec ses enfants. Ceci dit, à chaque pays ses priorités. Ha ha!

Alors, Neukölln, son foisonnement culturel, son esprit familial et communautaire qui m'apparait déjà, commence à lutter contre la gentrification. En effet, les berlinois ont bien vu ce qui s'est passé dans les quartiers Prenzlauer Berg et Friedrichshain, qui ont connu une grande popularité dans les années 1990, donnant lieu à des hausses de loyer impossibles, et où il ne se passe maintenant plus grand chose. Je pense que la même chose est en train de se produire à Kreuzberg. J'apprends tout ça dans mon allemand approximatif, avec l'aide du traducteur Google et en restant attentif aux affiches et aux graffitis que je vois... il se peut donc que je n'aie pas tout saisi correctement.

Une image du Volkspark Hasenheide, trouvée sur un site quelconque
J'habite à côté de deux très gros parcs, le Volkspark Hasenheide et le terrain de l'ancien aéroport Tempelhof. J'ai été prendre une petite marche dans ce dernier hier soir avant d'aller à (encore) un concert de musique improvisée. Très impressionnant, quelques années après avoir fermé l'aéroport Tempelhof, la ville de Berlin a décidé d'ouvrir le site à la population. En début de soirée hier, j'ai vu plein de gens profiter de cet espace dénudé, où les anciennes pistes de décollage et d'atterrissage sont maintenant occupées par marcheurs, joggeurs et cyclistes, et où tout le monde se prélasse dans l'herbe. Je reviens maintenant d'une petite marche dans le Volkspark Hasenheide. Ça aussi, c'est un grand parc, cette fois avec beaucoup d'arbres, un skate park, des gens qui font du yoga, des familles en train de se faire un BBQ.

Au quotidien


Mes quelques quêtes identifiées précédemment se poursuivent, alors que d'autres s'ajoutent : trouver un piano, trouver un violoncelle, trouver un vélo, trouver une école d'allemand, compléter le processus d'Anmeldung, trouver une job.

Trouver un piano


J'ai mis un annonce sur un groupe facebook, dans laquelle je disais chercher un endroit où jouer du piano dans la ville. Deux réponses ont été extrêmement satisfaisantes! Dans l'une d'elle, une autre résidente de Neukölln m'invitait à passer chez elle jouer de son piano quand je le voulais, ce que j'ai fait quelques jours plus tard. Ç'a été un après-midi super, qui m'a permis de faire connaissance non seulement avec elle et son piano, mais avec deux de ses amies musiciennes. Il y aura peut-être quelque chose qui émergera de ces rencontres, d'ici là j'ai accès à ce piano quand je veux et j'ai peut-être même déjà une option de sous-location pour les mois de décembre et janvier. L'autre réponse reçue sur facebook m'a fait découvrir Das Pianocenter Berlin, un gros magasin de pianos usagés situé dans le quartier Mitte. Je suis allé faire un tour et j'ai pu admirer leur collection impressionnante de pianos restaurés de toutes les marques (dont plusieurs étaient nouvelles pour moi), toutes les époques et tous les budgets. En plus d'être un magasin, Pianocenter offre 4 studios de pratique qu'on peut louer à l'heure pour entre 2,10€ et 2,50€ dépendant de la qualité de l'instrument disponible. Selon ce que je comprends de leur site, les pianos sont tous neufs de 2015, il y a 3 pianos à queue et un piano droit. Je me suis inscrit, il ne me reste plus qu'à ma réserver une plage horaire.

Trouver un violoncelle


C'est ma nouvelle priorité. J'ai fait un bon recensement des luthiers (Geigenbauer) du coin et je compte bien me trouver un violoncelle afin de le louer et me remettre à la pratique dès la semaine prochaine.

Trouver un vélo


Il semble que l'été a décidé de ne pas quitter Berlin tout de suite finalement. Je porte mon foulard le soir, car ça descend à 6-7°C, mais dans le jour, comme aujourd'hui, au soleil, il fait 20°C. Avec tous les parcs autour d'ici, ça donne vraiment envie de découvrir le quartier à vélo. De toute façon, ce n'est pas comme si je n'avais jamais fait de vélo à -30°C en pleine tempête. Même si je me suis procuré une passe mensuelle pour le transport en commun (Monatskarte, 79,50€ = 117$, c'est pas donné), j'aimerais avoir un vélo si ce n'est pas trop cher. J'ai trouvé mon magasin de vélos usagés, je vais aller voir ça tantôt.

Plus besoin de billets depuis que j'ai ma Monatskarte

Trouver une école d'allemand


Qu'est-ce qui est plus facile que de choisir une école d'allemand à Berlin? Trouver une librairie francophone à Berlin! Il y en a justement une à deux minutes d'ici. J'y suis allé hier et je me suis procuré une grammaire allemande complète (avec les explications en français). Dans la librairie, j'ai ramassé plusieurs tracts, dont celui d'une école d'allemand située au prochain coin de rue. Disons que c'est plus intéressant comme ça. C'est ce que je veux dire quand je dis que « j'installe ma base », je décide des choses en fonction de l'endroit où je vais me coucher et où je me réveille.

Compléter le processus d'Anmeldung


C'est un peu compliqué la paperasse allemande. Quand on y habite, il faut s'enregistrer auprès de l'état et ce processus s'appelle Anmeldung. Pour s'enregistrer, ça prend une adresse, ce que je n'avais pas avant aujourd'hui. Par contre, mon sous-locateur ne peut pas enregistrer quelqu'un d'autre que lui-même à son appartement. Il va falloir trouver une solution, car c'est l'Anmeldung qui me permettra d'avoir un compte de banque et bien des affaires qui ne sont pas urgentes pour le moment mais qui seront bien pratiques tantôt.

Trouver une job


J'ai commencé à tâter le terrain des écoles de ballet. J'ai envoyé quelques emails et je n'ai pas eu de réponse. Je pense que, comme partout ailleurs finalement, ça prend un contact. Alors je vais continuer à rencontrer du monde et crier sur tous les toits que j'aimerais bien, si l'occasion se présente, continuer à accompagner des classes de ballet comme pianiste. J'aimerais peut-être aussi travailler à la boulangerie du coin! Mais pour l'instant -- et j'ai travaillé fort pour avoir cette liberté -- je ne m'en fais pas avec ça et je continue à profiter de mon temps.






lundi 28 septembre 2015

Berlin : Jours 4 à 7

Ce soir je me paye la traite. Je viens de m'ouvrir une bière 500 mL à 1,30€ (1,95$ CAD) et j'écris un long blogue dans lequel je tenterai de résumer mon état d'esprit en ce début de périple : ma recherche d'appartement et quelques faits saillants des derniers jours.

Avant de me lancer, je me félicite d'avoir apporté mon petit speaker bluetooth avec moi. Sérieusement, depuis que j'ai laissé mon kit de son au mois de juillet, je me rends compte à quel point les gens ne sont pas équipés pour écouter de la musique à la maison. Personnellement, j'ai besoin d'un kit de son dans chaque pièce! Dans la cuisine pour cuisiner, manger, faire la vaisselle, dans la chambre pour des vidéos et de la musique au lit, dans le salon pour plier du linge, dans la salle de bains pour prendre sa douche... Et des haut-parleurs de cellulaire ou de laptop, c'est très bien mais ça prend plus qu'un tweeter de game boy quand on aime entendre la bass. Alors, voilà, c'est comme ça que ça part, avec le dernier Autechre dans mon petit speaker et une bière de Späti (diminutif de Spätkauf, Spätverkauf, Spätverkaufsstelle, ce qu'on appelle « dépanneur » au Québec) qui ferait rougir de jalousie n'importe quelle bière d'importation de la SAQ.

Augustiner Braeu München Edelstoff Exportbier + Gadgetree bluetooth speaker

La recherche d'appartement se poursuit


J'ai écrit ce bout là tantôt au Schwarzes Café, Kantstraße 148, en buvant un Verlängerter Espresso avec un russischer Zupfkuchen (parfois, je ne sais pas trop ce que je commande, comme dans le cas de ce « gâteau russe », mais il faut oser! Et c'était bon).

 
La terrasse (der Hofgarten) du Schwarzes Café.
Photo prise sur leur site
Nous sommes lundi le 28 septembre 2015 et ça fait une semaine que je suis à Berlin, une semaine que je vis dans ma valise, une semaine que je passe la majeure partie de mon temps dans ma tête à répéter des phrases et des mots-clés en allemand, à réfléchir à moitié en anglais à moitié en français, à faire toutes sortes de plans.

Ça fait 7 jours que ma priorité est de me trouver un appartement et des colocs. Ça fait 7 jours que je me réveille et me connecte aussitôt au site wg-gesucht (WG est un diminutif de Wohngemeinschaft, la façon dont les allemands parlent de colocation et gesucht, ça veut dire qu'on cherche!). J'envoie des emails à tout le monde qui se cherche des colocs à long terme dans les quartiers Kreuzberg et Neukölln et à tout le monde qui se cherche des colocs à court terme dans les quartiers pas trop loin du centre de la ville, de mémoire : Kreuzberg, Neukölln, Charlottenburg, Schöneberg, Prenzlauerberg, Mitte, Tempelhof, Friedrichshain, Wedding. Je cherchais l'équivalent de 300€ et moins par mois, je regarde maintenant toutes les annonces en bas de 400€ par mois (300€ = 450$, 400€ = 600$, dans l'un ou l'autre des cas je n'aurai jamais payé aussi cher pour me loger).

Je me dis que c'est statistique. Plus j'envoie de messages, plus j'ai de chances d'avoir une réponse. Je prends le temps de peronnaliser chaque email au contenu de l'annonce, de répondre aux exigences spécifiques de chaque coloc potentiel, de faire un peu d'humour pour avoir l'air gentil, de dire qui je suis et ce que je fais en quelques mots. Tout ça prend beaucoup de temps, entre autres parce qu'il me faut traduire tout le contenu de l'annonce de l'allemand à l'anglais (ou au français, c'est rendu que je ne sais plus trop dans quelle langue je fonctionne) et le remettre en contexte en utilisant l'anglais le plus basic possible, avec quelques insertions allemandes au travers, pour montrer que je fais un (gros) effort pour ne pas être un obnoxious tourist.

Je n'ai reçu aucune réponse. Aucune! Hier, j'ai commencé à me demander si je n'avais pas mal compris quelque chose sur le site (unilingue allemand) wg-gesucht, mais tous les courriels de confirmation dans ma boîte de réception me confirment le contraire. Est-ce que le contenu de mes messages est mal reçu? J'en ai fait lire quelques uns à un ami berlinois et tout est beau, ça passe, c'est même assez bien. Est-ce que les gens préfèrent un coloc qui parle allemand? Est-ce que les « Canadiens » ont mauvaise réputation? Je suis tiraillé entre ces deux conseils de mon idole (à lire avec plus qu'une pointe d'humour), Dr. Phil : quand une tactique échoue après plusieurs essais, soir que « you do it until [it works] » (donc, je continue à faire la même chose), soit que « you can't expect a different outcome using the same strategy » (donc, il me faudrait repenser le tout).

Enfin, les Berlinois à qui je parle de ça sont unanimes : il est désormais très difficile de se trouver des colocs à Berlin, et je ne dois surtout pas perdre espoir. La situation est à l'inverse de ce que j'ai connu au cours des 12 dernières années, que ce soit à Rimouski ou à Montréal, où j'étais l'unique signataire de mon bail de location et où c'était à moi de « charmer » les colocs éventuels et shifter la compétition venant d'autres chercheurs de colocs. Ici, ceux qui ont déjà un appart ont le beau jeu. Ils reçoivent, à ce qu'on me dit, une cinquantaine de réponses pour leur annonce. Ils se payent ensuite le luxe de faire un premier tri et passer une dizaine de colocs potentiels en entrevue avant de faire un deuxième tour, dans plusieurs des cas, avec les candidatures retenues.

Où suis-je donc maintenant? Eh bien, ce n'est vraiment pas si mal à bien y penser! Après les terribles (bon, ce n'était pas si pire quand même) cinq premières nuit à l'hostel, j'ai déménagé mes pénates chez un ami dont le coloc est parti en voyage pour une semaine et qui me prête sa chambre sans frais. Ouf! Merci!

Vendredi passé le 25 septembre, j'ai passé une première entrevue avec des colocs potentiels. Ils sont 5 gars à se partager une WG (appartement en colocation) dans Neukölln. Ils m'ont semblé vraiment cool, en plus d'être situés exactement dans le quartier où je veux habiter, dans mes prix, mais ça n'a pas fonctionné. Ils m'ont écrit hier pour m'expliquer pourquoi ils avaient choisi quelqu'un d'autre finalement et je suis assez d'accord avec leur façon de voir les choses. Ils ont toutefois accepté de m'aider à me trouver une WG bientôt et on s'est promis de garder contact et se revoir (voir plus bas, si je me rends là, le cours de mathématiques).

Demain, mardi le 29 septembre, je rencontre un gars qui sous-loue un superbe appartement dans le même quartier. Je pourrais habiter là, seul, pour les deux prochains mois. C'est au-dessus du budget que je m'étais alloué, mais là, ça va faire! Je ne suis pas un voyageur qui fait le tour du monde dans sa valise, je traîne plutôt tout ce que j'ai de plus précieux dans deux grosses valises et un sac à dos et je souhaite m'établir, installer ma base, me poser quelque part où je ne suis pas stressé pour mes affaires, où je peux commencer à profiter de la ville pour vrai, en toute quiétude. Cet appart là est donc au-dessus de mon budget, mais ça serait niaiseux de passer à côté d'une offre comme ça, d'autant plus que j'ai nulle part où aller -- sauf l'hostel -- à partir de dimanche prochain. J'achète la paix pour deux mois, afin de continuer les recherches pour une WG à plus long terme à partir de décembre.

Berlin : jours 4 à 7


Je ne fais pas que ronger mon frein à longueur de journée et me plaindre (dans ma tête, parce que je ne peux pas encore me plaindre en allemand) des histoires d'appart, même si ça occupe beaucoup mes pensées. Mes journées berlinoises sont bien remplies!

La piscine du Mitte


Berlin, jour 4. J'ai écrit ça alors que j'étais encore à l'hostel.

Vue d'une chambre à l'hostel.
En fait, j'ai trouvé la photo sur internet,
je ne pense pas que ce soit celle dans laquelle j'ai habité,
quoique c'est difficile à dire, la chambre n'a jamais été aussi en ordre
que sur la photo pendant mon passage.
Aujourd'hui, j'ai une entrevue avec une WG éventuelle. Six gars dans Neukölln, je ne suis pas sûr mais ça vaut le coup d'essayer, surtout que c'est les seuls à m'avoir répondu, grâce à nos amis communs.
Le moral tient sur un fil, je passe beaucoup de temps dans ma tête. Hier, j'avais décidé d'aller nager mais je suis arrivé et c'était fermé. J'avais mal lu les petits caractères sur le site web.
Ça pue dans ma chambre d'hostel. Je ne m'alimente pas super bien. Mon sommeil n'est pas régulier, même si j'arrive quand même à surprenamment bien dormir malgré l'oreiller. Ma stratégie de mettre du stock pour quatre jours dans mon sac à dos fonctionne bien, je n'ai eu à aller dans ma valise qu'une fois depuis mon arrivée.
Bon, soit je vais nager, soit je vais jouer du piano. Ce sont des choses qui me font plaisir, qui me redonnent du pep et qui sont positives.

Je suis donc allé nager à la Stadtbad Mitte (Stadt = municipalité, Bad = bain, Stadtbad = piscine municipale, Mitte = milieu, le nom d'un quartier au milieu de Berlin). Check it out! Une piscine de 50 mètres de long pensée dans les années 1880 et inaugurée en 1930. La piscine a été endommagée par deux bombes (!) en 1945, mais le tout a été reconstruit aussitôt.

Le Stadtbad Mitte, photo trouvée sur le très beau site web des piscines de Berlin
C'est la piscine avec la section « pas creux » la moins creuse que j'ai jamais vue, l'eau m'arrivait à peine aux genoux. Peu importe, c'est pas long que c'était assez creux pour nager et tout ça m'a fait du bien! Après ça, un gros spaghetti et on est d'attaque pour la suite.

Day off


Berlin, jour 5. Le 26 septembre, c'était le temps de checker out de l'hostel et je me suis rendu chez mon ami qui m'héberge depuis. J'ai apporté mes affaires et je n'ai rien fait de la journée, ni de la soirée. J'ai dû dormir 12 h cette nuit là.

Le mur de Berlin


Berlin, jour 6. C'était hier ça, le dimanche 27 septembre et il faisait beau soleil. Nous avons décidé de se faire une petite journée touristique, après ma longue session habituelle de recherche d'appartements du matin. On est donc parti à pied vers Bernauer Straße, où se trouve le site du Mémorial du mur de Berlin. On a vu plein de choses surprenantes en chemin.

On a donc commencé notre randonnée en longeant l'ancien mur de Berlin, dont des morceaux subsistent, ça et là, sans cérémonie. Ma tête de Nord-Américain trouve ça assez surprenant. Je pensais à ces quelques morceaux du mur de Berlin que j'ai vus dans des musées ou au Consulat d'Allemagne, petits éclats de béton que l'on garde sous verre et qui semblent contenir à eux seuls un microcosme du drame qui a eu lieu ici. Sur le terrain, les quelques bouts de mur de Berlin qu'on a croisé au début de notre marche n'étaient pas traités avec autant de cérémonie. Une section du mur, comme ça, subsistait comme n'importe quelle autre vieille affaire qui traîne, à côté d'un site de construction, accessible à n'importe qui. J'aurais pu en arracher un motton, mais pour faire quoi?

Bien vite, nous sommes parvenus à un parc très tranquille, où se trouvaient quelques familles, un peu partout. Des arbres, le chemin de gravier, une balançoire, les parcs de Berlin sont très jolis.

Ensuite, sans crier gare, le chemin a débouché sur une vaste étendue où il y avait beaucoup de monde. Un genre d'hybride entre le Parc Lafontaine (Montréal), le Marché Jean-Talon (Montréal), le Marché aux puces Jean-Talon (Charlesbourg), le tout de la grosseur des Plaines d'Abraham (Québec) avec plein d'arbres, des musiciens de rue, des kiosques avec toutes sortes de cochonneries à vendre. Il y avait un amuseur public qui fait tous les dimanches un spectacle de karaoké très populaire. Des gens dans la foule se présentent au micro et chantent quelque chose de leur choix. Je me suis permis une photo.


J'ai trouvé les Berlinois tellement disciplinés! Ils sont là, en rang d'oignon, et regardent le spectacle attentivement. Ils applaudissent quand c'est le temps, ils écoutent respectueusement, ils font attention de ne pas cacher les autres, ils boivent de la bière ou pas de bière comme d'habitude, ils embarquent quand c'est le temps de bouger les bras tout le monde ensemble, pas plus, pas moins. Vraiment particulier.

Nous avons ensuite fait le tour du marché au puce qui se tient là le dimanche. Intense! Une vrai marché aux puces avec tout ce qu'on peut s'attendre à retrouver dans un marché au puces : des vinyles, quelques CDs, des livres, des sacs de Berlin, des t-shirts d'artistes, des meubles usagés, des meubles neufs, des saucisses, de la bière, des cafés, des cartes postales d'époque et beaucoup beaucoup de monde.

Et ensuite, le Mémorial du mur de Berlin.

Je me rends compte que je ne connais absolument rien de l'histoire de l'Allemagne, encore moins de celle de Berlin. Je me rends compte que tout se mélange dans ma tête : Hitler, le mur de Berlin, ... c'est des époques bien différentes, quoique liées. Il faut s'imaginer un instant des gens brisés par la guerre et la folie nazie, qui se relèvent à peine de tout ça, et qu'on déchire à nouveau pour une utopie à quelque part tout aussi farfelue, aux conséquences désastreuses pour les habitants de Berlin, séparés par une rangée double de murs, au milieu desquels le « no man's land » signifie la mort.

On a vu beaucoup de choses émouvantes, mais je sens que je ne comprends pas assez le contexte pour saisir l'ampleur de tout ça et être capable d'en parler.

À la recherche d'un piano


Berlin, jour 7. Aujourd'hui, après avoir parlé à mon locateur éventuel, je suis parti à le recherche d'un piano. Il semble qu'il s'agira d'une autre quête pas évidente. J'ai été, un peu à l'aveuglette, à l'un des 40 bâtiments de l'Universität der Künste (Université des arts) et j'ai fini par trouver quelqu'un qui m'a indiqué où se trouvait la faculté de musique, non sans m'être fait gentiment revirer de bord par la madame du Jazz-Institut. Du côté de la faculté de musique, pas moyen d'entrer si on n'est pas étudiant. Je vais continuer mes recherches bientôt.

À venir


Si je peux finir par me trouver un appartement, je vais me louer un violoncelle. J'ai peut-être des choses très intéressantes à dire à ce sujet, des projets, mais je n'ose pas en parler tout de suite.

Je me suis trouvé un cours de mathématiques! C'est un des gars de la WG qui m'avait passé en entrevue qui m'a donné le filon. Il étudie en informatique et je lui demandais s'il pouvait me trouver un cours de math auquel je pourrais assister. Il a justement un cours d'algèbre linéaire la session prochaine à l'université et m'a invité à y aller avec lui. Bingo! Ici, la session commence à la mi-octobre.

Je veux parler de l'alimentation à Berlin. Il y a des restaurants vegan et végétariens partout! Adieu le préjugé des Allemands qui ne mangent que de la saucisse et de la choucroute. Quoique, la choucroute c'est végétarien.

Je veux parler des bars, dans lesquels ça fume la cigarette à fond. Et dans lesquels il se passe bien des affaires.

Je veux parler du transport en commun. Les magnifiques paysages découpés par le S-Bahn, la propreté étonnante des lieux, l'efficacité de tout ce système S-Bahn, U-Bahn, tramway, autobus vraiment bien pensé depuis les années 1930 je crois.

Je veux parler des adresse. Ici, souvent les chiffres se suivent d'un côté de la rue et continuent de l'autre côté. Par exemple, en marchant à droite de la rue il y a 81, 82, 83, 84, 85, ... puis au même endroit, de l'autre côté de la rue il pourrait y avoir 140, 141, 142, ... Bonne chance quand on veut trouver une adresse, d'autant plus que les façons de numéroter changent d'une rue à l'autre.

Je veux parler des cafés. Je n'ai encore vu personne travailler sur son laptop dans un café. Pour l'instant ma théorie c'est que c'est tellement difficile de se trouver un appartement à Berlin, que quand tu en as un, tu restes là et tu n'en sors plus.

Pilsner Urquell, ç'a pris du gaz écrire tout ça.












jeudi 24 septembre 2015

48 h à Berlin : choc culturel, un concert, recherche d'appartement, apprendre l'allemand à Berlin, la vie à l'hostel

Choc culturel


Un choc culturel, je pense que c'est quand la signification de quelque chose n'est pas la même d'une culture à l'autre. Il n'y a pas grand choc culturel à avoir entre le Québec et Berlin, il s'agit d'une grande ville multiculturelle occidentale comme une autre j'imagine. Le système de transport en commun, par exemple, est vraiment bien organisé, un peu comme Montréal. Il y a un tarif pour une courte distance (Kurzstrecke 1,60€ = 2,40$), un tarif régulier pour le secteur métropolitain (2,70€ = 4,00$) et toutes sortes d'autres possibilités telles une carte illimitée pour 7 jours, une carte illimitée d'une journée, la passe d'un mois (79,50€ = 118,90$), etc.

Mon choc culturel, c'est les graffitis. Et je ne parle pas de jolis graffitis artistiques, je parle de graffitis comme les photos plus bas, croquées juste en face d'ici : signatures incompréhensibles, croquis approximatifs, etc. Chez nous, que ce soit Québec, Rimouski ou Montréal, quand il y a des graffitis comme ça, on est dans un endroit plus trash qu'ailleurs. Il y a des graffitis dans les petites rues du quartier St-Roch, des les toilettes de certains cafés ou bars, il y en a dans les ruelles de Montréal aussi. Ici à Berlin, des graffitis comme ça, il y en a partout. Ça me prend un certain temps à changer d'idée sur ce qu'ils signifient. Alors qu'au Québec les graffitis signalent une place trash, à Berlin les graffitis ne signalent rien de particulier.

Ceci n'est pas un squat, c'est probablement un appartement bien ordinaire qui se cache derrière

De l'autre côté de la rue, même affaire
Je pense que j'avais eu la même réaction lors de mon premier voyage ici. Ç'a quelque chose de quasiment oppressant, d'avoir l'impression d'être dans une ruelle de Montréal tout le temps, sans jamais arriver à un endroit où on se sent plus en sécurité. Puis les yeux, et surtout l'esprit, s'habituent et on se rend compte qu'il faut changer de cadre de référence, enlever l'interprétation qu'on fait de ce symbole là, les graffitis.

Et petit à petit, on ne les voit plus. On se rend compte que les bicyclettes, par exemple, ne sont pas barrées avec autant de précautions qu'à Québec ou Montréal. On se rend compte que les gens se regardent dans la rue sans arrière pensée. On voit que les gens qui travaillent dans les cafés ont toujours le sourire quand ils voient quelqu'un entrer. On voit que les gens semblent détendus, certains dans leur bulle, d'autres moins. Il faut dire qu'il commence tout juste à faire froid à Berlin, je pense que les gens ont le visage universel des habitants des pays à quatre saisons quand l'automne vient de s'installer tout d'un coup. Il fait entre 15°C et 18°C ces jours-ci, avec pas mal de grisaille.

Un premier concert


J'ai été voir un concert de Andrea Neumann, une suggestion du site web (et de la page facebook) Echtzeitmusik. Je me demande si « Echtzeitmusik » signifie la même chose que « free improvised music », « musique spontanée », ... en tout cas tous les concerts que la liste propose m'intéressent!

Andrea Neuman a une formation en piano et nous a joué deux pièces où le piano est utilisé de façon plus traditionnelle. Elle a toutefois joué principalement sur un instrument qu'elle appelle le Innenklavier. C'est une version réduite d'une table d'harmonie de piano, sans le clavier, qu'elle amplifie et de laquelle elle tire toutes sortes de sons. Elle peut se servir de cet instrument pour jouer des pièces pour piano qui demandent uniquement de jouer à l'intérieur du piano (il y en a), et elle développe son propre langage de compositrice et d'improvisatrice là dessus.

C'était vraiment hot. Pour donner une idée de mon état d'esprit depuis les derniers jours, voici ce que j'avais comme info avant d'aller au concert. Oui, tout est en allemand, il faut se concentrer sur chaque mot et on finit par comprendre, en gros, ce qui va se passer.
Werke von Heather B. Frash, Phill Niblock, Robin Hayward, Andrea Neumann, Chiyoko Szlavnics, George Brecht und György Ligeti
Das Programm präsentiert sieben Werke zeitgenössischer Komponist_innen, die im Zeitraum zwischen 1978 und 2015 entstanden sind. Ein Großteil der Kompositionen beschäftigt sich mit dem erweiterten Klangspektrum des Klaviers und werden von Andrea Neumann auf dem speziell für sie angefertigten Klavierrahmen präsentiert. Hierbei spielen die elektronische Verstärkung und die Verwendung von extended techniques eine maßgebliche Rolle.
Bei vier der Kompositionen kommt ein Zuspiel zum Einsatz. Das Verhältnis von elektronischem und elekto-akustischem Klang wird in jedem dieser Stücke anders reflektiert: als Kontrast zwischen der Flexibilität des elektronischen Signals und der Statik einer angeschlagener Taste, als Verflechtung von Texturen und Frequenzen, als Moment der Auslösung (Trigger).
Daneben werden zwei Stücke für traditionelles Klavier gespielt, die mit dem reduzierten Gebrauch von Intervallen, bzw. Tönen und deren konsequenter Durchführung spielen.
Darüber hinaus enthält das Programm performative Elemente, die die Performerin als klang-auslösende, körperlich präsente Instanz thematisieren.
J'ai appris un mot ce soir là -- comme à peu près à toutes les heures de tous les jours depuis mon arrivée -- c'est « Zuspiel ». Je crois que ça veut dire « amplification ».

Recherche d'appartement


Ça avance, ça avance mais je n'ai toujours rien trouvé. Je commence chaque jour avec une longue session de recherche d'appartement : je consulte les petites annonces de wg-gesucht, des groupes facebook, de craigslist, je parle à des amis d'amis, j'ajoute du monde comme ami sur facebook en espérant qu'ils se rappellent de moi s'ils entendent parler de quelqu'un qui cherche des colocs, ... et j'écris plusieurs emails. J'essaie d'avoir l'air gentil en quelques mots d'allemand et d'anglais, dur à dire comment c'est interprété à l'autre bout!

Ma boîte de réception, avec toutes les confirmations de emails envoyés à des colocs potentiels
Je continue les recherches aujourd'hui.

Apprendre l'allemand à Berlin


J'écris ceci alors que j'ai une dizaine d'onglets d'ouverts dans mon écran d'ordi, tous avec une école d'allemand différente. Pas facile de trouver un cours d'allemand à bas prix à Berlin! Et pas facile de se démêler dans tout ça, car certains donnent un tarif par bloc de cours, d'autres par semaine, par mois, par forfait. À peu près tout le monde n'offre que des sessions intensives... Par exemple :

  • Goethe institute : entre 450€ et 2400€ pour 8 semaines intensif, des cours tous les jours;
  • Volkshochschule : 130€-150€ par module, chaque module dure 100 leçons, il y a 2 ou 3 rencontres par semaine et chaque rencontre couvre de 4 à 5 leçons;
  •  GLS école d'allemand : de 20 à 30 leçons par semaine à coup de 4 par jour, entre 195€ et 555€ dépendant du forfait;
  • Babylonia e.V. : cours d'intégration, chaque module coûte 180€, 4 rencontres par semaines, il y a 6 modules dans l'année avant d'avoir fini le programme;
  • Deutsch Akademie : 3 heures par jour, 4 jours par semaine, 250€ pour 4 semaines, 475€ pour 8 semaines;
  • Transmitter Sprachschule : entre 100€ et 190€, extensif ou intensif, je ne comprends pas trop la formule;
  • Sprachenatelier : 20 cours par semaine, 340€ pour 4 semaines, 600€ pour 8 semaines;
  • ...
Ça continue comme ça indéfiniment, je ne pensais jamais que ça serait aussi compliqué et restrictif. Je suis toutefois finalement tombé sur un site (malheureusement pas daté) qui recense les meilleures écoles par fourchettes de prix.

C'est ma troisième journée à Berlin, pas de panique. 

La vie à l'hostel

J'ai vraiment hâte de sortir d'ici. Pour l'instant mes deux grosses valises sont dans une salle barrée au sous-sol et je fonctionne avec un casier dans la chambre (rappel : c'est une chambre style dortoir avec des lits superposés, on est 16 personnes là dedans), alors rien à craindre côté sécurité, bien qu'une fille se soit fait voler toutes ses affaires dans son casier... elle avait un cadenas cheap. Pas moi.

Le plancher en sortant des douches est toujours mouillé et un peu sale. C'est normal, et l'endroit est quand même assez propre, mais il y a du monde partout et je suis tanné de vivre là dedans, j'ai besoin d'avoir la paix et de ne pas toujours être en train de me demander si mon cadenas est bien fermé.

Aujourd'hui je vais probablement visiter un appartement que je pourrais sous-louer pour une semaine, ça me donnerait du temps pour me chercher une autre opportunité à court terme ou arriver à me trouver des colocs à plus long terme.

J'ai aussi prévu aller jammer avec un gars aujourd'hui! Il joue de la guit, il aime Sonic Youth, il vient de se trouver un drummer et il va me prêter une bass. J'aimerais ça jouer sur une grosse bass dans un gros ampli!

J'ai hâte d'aller nager aussi. Encore une fois, il y a un peu de recherche à faire et de mots à apprendre car toutes les infos sont sur des sites de la ville tout en allemand.

mardi 22 septembre 2015

Dans l'avion

C'est en partant de Montréal que j'ai commencé à prendre conscience du ridicule de mon itinéraire de vol Montréal-Istanbul-Berlin. Je suis parti à 23 h 05 et je suis arrivé à Istanbul presque 10 h plus tard, non sans avoir survolé la pointe du Groenland, l'Islande et à peu près toute l'Europe, incluant Berlin. Je n'ai pas beaucoup dormi, l'avion est aussi inconfortable, sinon plus, qu'un Orléans Express. J'ai dû niaiser pendant 3 h dans le gros aéroport d'Istanbul avant de repartir vers Berlin. En tout et partout, j'ai été environ 16 h dans le monde des avions et des aéroports. Je suis arrivé à mon lit vers 22 h (heure de Berlin).

Un ami à Berlin est venu me chercher à l'aéroport, j'étais bien content de ne pas avoir à trouver mon chemin pour me rendre au hostel : je commençais à être assez fatigué et je traîne pas mal de stock malgré tous mes efforts pour voyager léger (voir article précédent). J'utilise le mot « hostel » pour décrire le Xberger, où je loge pour les 5 prochains jours, car l'équivalent français « auberge » a beaucoup trop de classe pour ce que c'est ici. Nous sommes 16 personnes à partager une grande chambre de lits superposés. Il y a plusieurs chambres semblables dans l'établissement, difficile de dire combien de personnes logent ici. À 13 € la nuit (moins de 20$ canadien), c'est juste parfait pour dormir et déposer mes affaires. En toute sécurité. Jusqu'à preuve du contraire.

On a donc pris une bière, mon ami et moi, sur le Oberbaumbrücke [Pont Oberbaum. Ober : supérieur, Baum : arbre, Brücke : pont], le parfait accueil berlinois. Je me suis couché à minuit, heure locale, et je me suis réveillé à 8 h 30, heure locale. Je plains les personnes qui souffrent du décalage horaire, moi je t'ai réglé ça drette en partant.

Oberbaumbrücke, tel que je l'ai vu hier soir, à quelques pas de mon hostel.
J'ai emprunté la photo sur internet.

Je vais à un premier concert à Berlin pas plus tard que ce soir : « Andrea Neumann plays compositions for piano and for her instrument, the "innenklavier" (inside piano). » J'ai hâte!

J'ai écrit un peu dans mon calepin hier.

20 septembre 2015, 22 h 50 (heure de Montréal)


Je suis dans l'avion, on décolle dans quelques minutes.
J'aime beaucoup Turkish Airlines jusqu'à date.
On n'a vraiment pas beaucoup de place pour s'asseoir mais l'avion n'est pas plein alors j'ai le banc à côté pour gratis!!

J'ai peur d'avoir mal aux oreilles, je me suis apporté des crudités pour le décollage.

Je suis parti pour une sacré aventure. Ça fait plusieurs mois que je ne travaille plus, que j'ai quitté ma ville et ma job, mais c'est maintenant le coup d'envoi officiel.

L'avion recule. La température à l'intérieur est parfaite pour l'instant et tout le monde est vraiment vraiment calme.

J'ai hâte d'arriver à destination, mais pour l'instant je me suis embarqué dans tout un détour : Montréal-Istanbul-Berlin. Ça se décline ainsi : un vol de 9,5 h jusqu'à Istanbul, 3 h d'attente à Istanbul et un vol de 3-4 h jusqu'à Berlin pour un total de près de 16 h de voyagement. C'est pire qu'aller à Percé à partir de Montréal en Orléans Express!

L'avion recule toujours. Ce que je pensais être un plus petit avion à côté de nous est en fait le bout de l'aile. Ha ha!

Ça y est, ça avance. Non, c'est simplement arrêté et je m'étais habitué au mouvement. Est-ce qu'on peut faire une métaphore avec ça? Genre sur la vie, le chemin qu'on prend.

21 septembre 2015, 18 h 33 (heure d'Istanbul)


Le premier vol s'est très bien passé. J'ai ensuite niaisé pendant près de 3 h dans le gros aéroport d'Istanbul. J'aurais aimé être plus en forme, avoir moins de sacs à traîner et avoir un peu de monnaie locale pour une bouteille d'eau mais j'ai dû m'en passer. Enfin, ce n'était qu'une escale.

Alors que le premier avion était gros et que j'ai eu la chance de ne pas avoir de voisin, celui-ci est plus petit et plein à ras bord. Je ne sais pas si on aura à manger, j'ai besoin de dormir un peu, au moins emmagasiner assez d'énergie pour prendre l'autobus de l'aéroport de Berlin à mon hostel.

Ça commence enfin à parler allemand autour de moi, on arrive on arrive.


Dans ma valise (version 2)

Finalement j'avais droit à 2 sacs de 23 kg + 1 sac de 8 kg (bagage à main) + 1 item personnel (genre sac de laptop)

Gros sac (19,10 kg)
  • Poche du fond
    • manteau d'hiver
    • 2 foulards + tuque + gants
    • 2 chemises noires
    • sac pharmacie noir
    • étui à crayons
    • boîte à trombones, épingles à couches, pinces
    • boîte à lunch (vide)
    • sac rouge (vide)
    • oiseau en plastique
    • étoile orange
    • 2 x bas/boxers
    • 2 x boxers
    • costume de bain jaune
    • tube (2 archets, colophane, diapason, mute, pick-up, rondelle à pique)
    • Partitions (Bach WTK II, Lieder, ballet)
  • Poche du bas
    • 14 x débarbouillettes
    • costume de bain rouge
    • déo
    • sac Radio-Canada
  • Poche du milieu
    • Sleeping bag + couverte
    • oreiller
    • Roudoudou
  • Poche du haut
    • sac de plastique (shampoing, conditionner, savon, spray)
    • sac pharmacie léopard

Valise or (12,91 kg)
  • Souliers beiges
  • Souliers noirs + cravates
  • speakers bluetooth + fils
  • 7 x t-shirt
    • orange chat
    • orange Sonic Youth
    • blanc NIRVANA
    • brun NIRVANA
    • gris NIRVANA
    • noir Proust
    • noir DJ spin that shit
  • 3 x chemises carottées
    • vert
    • jaune
    • blanc
  • 2 x polos
    • rouge
    • rose
  • 6 x gilets
    • bosselé club monaco
    • bleu club monaco
    • Lana del Rey
    • cardigan brun
    • coton ouaté rouge
    • laine rouge et gris
  • 2 x jeans
    • beiges
    • vertes
  • 4 x bas/boxers
  • tasse Sonic Youth
  • imperméable
  • disque dur externe
  • noeud papillon
Sac à dos
  • 4 t-shirts (jaune La Vide, blanc KRS, gris KRS, gris Murray st. band)
  • 4 x bas/boxers
  • joggings de pyjama
  • kit de piscine (costume de bain bleu, lunettes, cadenas, serviette)
  • fer
  • sac mauve
  • laptop + plug
  • 4 x cassette
Sac à ordi
  • 1 x cassette
  • livres (agenda, notebook, Algebra, feuilles, dictionnaire allemand-français)
  • connecteur USB à USB-C
  • passeport
  • fil tortillé
  • cell + plug
  • sac gris Babes in Toylansd
Je porte
  • polo rayé
  • jeans noires
  • gilet club monaco noir
  • hoodie noir pas de manches
  • manteau d'automne noir
  • bas/boxers
  • écouteurs

jeudi 17 septembre 2015

Dans ma valise

Je n'arrête pas de jeter des affaires!
J'ai droit à 20 kg pour ma valise (gros sac) + 8 kg pour mon bagage à main (petit sac) et un item personnel, si j'ai bien compris.

J'ai refait mes bagages plusieurs fois, c'est toujours trop lourd et je ne sais plus de quoi je peux me débarrasser.

Bon débarras


Je m'étais acheté une belle petite valise à roulettes, bien mesurée pour qu'elle corresponde à ce à quoi j'ai droit comme bagage à main. Je m'en débarrasse finalement, car elle pèse à elle seule plus de la moitié du 8 kg auquel j'ai droit.

Mon idée géniale d'apporter une powerbar est finalement assez dangereuse selon ce que j'ai lu.
Le séchoir canadien va aussi rester ici.

Mes bagages


Gros sac (19,4 kg), Bagage à main (10,13 kg), Item personnel (sac d'ordi)

[Mise à jour : il y avait la liste ici, mais je l'enlève pour ne pas me mêler avec la plus récente. Finalement je me me suis pas débarrassé de la « belle petite valise à roulettes ».]